Accueil MAURITANIE MAÏS : Appel au boycott de l’école arabisée

MAÏS : Appel au boycott de l’école arabisée

PARTAGER
MAÏS : APPEL AU BOYCOTT DE L'ÉCOLE ARABISÉE

Demain 3 octobre est la rentrée scolaire officielle en Mauritanie après un hivernage  très pluvieux et des inondations. Que Dieu mette tout le monde à l’abri et au sec.

MAÏS saisit cette occasion pour faire cette importante déclaration appelant au boycott des écoles de l’arabisation forcée et de la négation de l’existence des autochtones. 

La réforme de l’éducation votée en juillet pour arabiser les enfants du Tékrour n’est qu’une application du préambule de la constitution  stipulant que le pays est [exclusivement] arabe sans mentionner les autres identités : haratines, haalpulaars, soninkés, wolofs, bambaras, amazighs (berbères). 

Cet effacement officiel de l’existence millénaire du Tékrour noir et amazigh cachait de très mauvaises intentions confirmées par un génocide d’abord humain sous le colonel Taya (1989), puis biométrique avec le Général Aziz(2011) et enfin culturel sous l’actuel chef de la junte. 

Ces drames imputables de prime abord aux militaires, sont ourdis par les nationalistes arabes et leurs thèses de dénégrification du Trab El beidhan. Ils ont infiltré tous les centres de décision y compris l’armée. La junte légalise sans hésiter des partis baathistes et nasséristes, facilite leurs activités, et refuse ces mêmes droits politiques aux tékrouriens. C’est une des preuves visibles de leur connexion idéologique, que les adeptes de Nasser et Michel Aflak sont les cerveaux de la Présidence et de toutes les institutions de la République. Ils sont la tête pensante du système. 

Voilà pourquoi cette arabisation du système éducatif, précédée par celle de la justice, de l’armée et de l’administration, ira galopante jusqu’à l’assimilation totale et forcée des tékrouriens non razziés. 

Pour les amazighs et les haratines, le processus est achevé, ils sont arabisés depuis des siècles, à coups de fusil pour les uns, par razzias impromptues pour les autres. Aujourd’hui, les rapts de nos enfants se passent en douceur à l’école, par un nettoyage de leurs cerveaux de tout ce qui peut leur rappeler leur histoire, leurs identités et origines plurielles. Au collège ils seront probablement des arabisés. Au lycée, ceux qui s’estimeront arabes rejetteront l’Afrique noire avant de se détourner de leurs villages, de leurs géniteurs. Et en cas de conflit, ils défendront ceux qui les ont instruits et retournés contre les non arabes.

L’éducation est devenue le nerf de la guerre, et un nouveau moyen de razzier sournoisement les jeunes esprits issus des peuples non reconnus par la constitution du Trab El beidhan. Oui, au-delà de cette loi de réorientation de l’éducation, c’est l’aliénation qui guette dès le primaire nos tous petits non arabes. 

II- L’ACTUALITÉ (ce qui se passe maintenant, sans vous)

La nouvelle réintroduction des langues pulaar,  soninké et wolof dans l’enseignement, effectuée sans préparation, vise à saboter leur expérimentation dans les écoles publiques et à les éliminer au profit de l’arabe. Le délai très court pour le recrutement et la formation des enseignants ne permettra pas de dispenser un enseignement de qualité, avec des manuels et une pédagogie adaptée aux enfants, uniformisée sur tout le territoire.

Pourtant, l’expérimentation des langues maternelles a déjà été menée avec succès en Mauritanie dans les années 80 par l’Institut des Langues Nationales (ILN),   l’UNESCO l’a attestée comme étant un modèle à généraliser à l’ensemble de la sous-région. 

Face à ces preuves scientifiques que l’enfant apprenait et assimilait mieux dans sa langue maternelle, le colonel Taya, comprenant le risque de frein à l’arabisation, avait alors ordonné la fermeture de l’ILN sous le faux prétexte que la Mauritanie était trop en avance. 

On entrevoit le but inavoué de cette nième réforme du système éducatif contestée par OLAN: apporter la preuve définitive que les langues africaines ne sont pas vecteurs de science, juste des dialectes pour l’expression orale. Une vieille rengaine nationaliste arabe, chauvine et ignorante, la même qui veut nous imposer les caractères arabes pour la transcription de nos langues,  nous replongeant dans un débat complètement épuisé. Ils veulent effacer des conclusions onusiennes et internationales sur l’excellence de L’ILN sous la direction de Souleymane Kane. 

En réduisant les budgets réservés à ces nouveaux enseignements en langues maternelles, il n’y aura pas de résultat comme ceux de l’Institut et le sabotage sera réussi. Remarquons que même une officialisation de nos langues serait un échec sans réelle volonté politique de les enseigner et les utiliser dans l’administration. 

III- RÉACTION(Ce que MAÏS propose tout de suite)

Refusons de confier le cerveau de nos enfants à ceux qui ont pour seul objectif de les transformer en arabes et de les aliéner. Retenons nos fils et nos filles à la maison, ils ne doivent pas rentrer dans ces écoles qui détruiront leur avenir par un taux d’échec toujours plus élevé pour les élèves noirs aux examens et concours. 

Boycottons  leur école arabisée. Cela exige d’innover pour éviter la descolarisation des élèves tékrouriens. Confions nos enfants à des éducateurs spécialisés dans l’enseignement des langues maternelles, des associations culturelles ou toute structure aux compétences reconnues. 

Soutenons les écoles privées pour lever les dispositions de la loi avantageant les établissements publics, une sorte de prise d’otage de nos enfants pour subir les programmes écrits par les nationalistes arabes. 
Défions toutes les règles et obligations dont la finalité cachée est notre extinction en tant que peuples, en tant qu’humains. Face à toute loi injuste opposons la désobéissance.  

Ce boycott intelligent des classes primaires devrait être élargi aux élèves plus grands si cette loi scélérate de désorientation de l’éducation est promulguée et appliquée. Lycéens et collégiens  pourraient s’absenter à tous les cours dispensés en arabe. La résistance à la volonté des autorités doit être proportionnelle au péril qui pèse sur nos jeunes générations. 

Des mécanismes de solidarité doivent être trouvés pour aider les familles démunies à payer la scolarité de leurs enfants, sinon elles n’auront d’autre choix que le piège du public. Il est primordial de se battre auprès du privé afin qu’il obtienne le droit  d’enseigner en langues africaines. 

IV- ACTIONS(ou comment voir plus loin avec MAÏS)

La politisation et l’ethnicisation de l’éducation nationale a pour finalité de diviser le peuple et faire oublier 44 ans d’échec du pouvoir militaire. 

Il faut certes reconduire la vieille exigence de l’officialisation des langues maternelles, y compris le hassaniya, mais il serait regrettable lors d’une opportunité aussi rare d’amender la constitution  d’oublier tous les autres motifs qui justifient pourquoi beaucoup de mauritaniens ont voté non ou se sont abstenus lors des derniers référendums. 

MAÏS ne reconnaît pas cette loi fondamentale qui invisibilise les noirs qui représentent  près de 80% de la population. Dans le préambule de la constitution les tékrouriens sont logés dans le triplet qui définit parfaitement l’arabe ou le maghrébin: musulman, arabe et africain. Avec autant d’énumérations, le rédacteur s’est interdit d’ajouter haratines, Halpulaars, soninkés, wolofs, bambaras et berbères. Il a oublié exactement  les identités présentes au Tékrour.

Il faudrait un amendement constitutionnel :

– qui reconnaît l’existence des autochtones, protège leur patrimoine matériel(terres, habitats,…) et immatériel(histoire,  culture,  traditions,…). 

-qui partage le pouvoir  dans les secteurs publics et privés

– qui répartit équitablement les richesses du pays et les investissements dans les régions

-qui impose le respect des droits politiques et socio-économiques des tékrouriens et des arabes 

Ces propositions, sont du plâtrage d’urgence pour atténuer les effets d’une cohabitation devenue impossible à cause des risques accrus d’un nouveau génocide contre les tékrouriens, d’une guerre civile ou d’une aliénation due à l’arabisation intensive.

La solution la plus pérenne est d’introduire un amendement pour un Etat fédéral, qui n’écarte pas une solution à deux Etats séparés si la fédération reproduit la domination et les privilèges actuels des arabes sur toutes les autres communautés. 

MAÏS ne culpabilise pas les bénéficiaires du système militaro-affairiste, le principal responsable est la junte et ses soutiens actifs (hommes d’affaires, religieux, partis, médias). Malgré les événements de 1966, notre cohabitation était bien meilleure avant l’arrivée des militaires au pouvoir en juillet 1978.
Une vraie décentralisation, avec une réelle autonomie administrative et financière des régions, peut être déclarée comme priorité gouvernementale et dotée de moyens colossaux pour responsabiliser nos populations, accélérer le développement et réduire la pauvreté. 

le 02 octobre 2022MAÏS 🌽 Mouvement des Autochtones pour l’Indépendance du Sud (TÉKROUR)Pour le Comité de Pilotage Élargi,Ciré KANE – fondateur de MAÏS