Accueil Culture Lô Gourmo : L’épreuve d’Aziz, leçon de respect de la dignité*

Lô Gourmo : L’épreuve d’Aziz, leçon de respect de la dignité*

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lo gourmo abdoul

En véritable croyant et comme de nombreux autres mauritaniens, Lô Gourmo Abdoul n’est pas resté insensible à l’épreuve sanitaire à laquelle l’ancien homme fort de Nouakchott Mohamed Ould Abdel Aziz est actuellement confrontée.

Pour le grand intellectuel qu’il est et, rappelons-le, l’opposant farouche de la décennie de corruption, la dignité humaine doit être respectée dans le temps et dans l’espace au sein l’Etat de droit, nonobstant, les valeurs du Président en fonction, démocrate ou despote.

Comme de nombreux mauritaniens encore, il rappelle implicitement et bon connaisseur du droit, que Ould Abdel Aziz est le responsable conscient de la situation de détention dans laquelle, il se trouve, en méprisant les lois et traitant des foules dans rues, au risque de raviver le tribalisme et le régionalisme et de menacer la sécurité de l’Etat.

Lui souhaitant un prompt rétablissement et rappelant son droit à être soigné, l’ancien Président Aziz traverse actuellement une épreuve qui lui servir de leçon pour lui et pour les autres, qui auront à diriger le pays dans un Etat de droit, de respecter la dignité humaine.

Il illustre dans l’opinion suivante et à titre non exhaustif, le traitement indigne fait par l’ex homme fort de Nouakchott au Sénateur Mohamed Ould Ghadda, sans vouloir s’étaler à d’autres cas dont ceux de Biram, de Said Louleid et les opposants chassés de leurs pays et exposés à détention morale qui n’a rien à envier à la prison physique en étant totalement coupé de leurs familles et de leurs affaires.

Ci-après l’opinion de Lô Gourmo titrée ” De l’importance du respect des règles de l’Etat de droit en toutes circonstances

 “La santé de l’ancien Président de la République Mohamed Ould Abdel Aziz préoccupe non seulement sa famille et ses partisans mais aussi tous les démocrates sincères.

Le droit aux soins est l’un des droits fondamentaux de l’homme et son respect ne souffre d’aucune exception. Il en va de la sûreté et de la dignité de tous et de chacun. Il faut d’autant plus le souligner que M. Ould Abdel Aziz n’est pas ” prisonnier” mais, subtilité du droit, en détention préventive. Cette situation est en principe exceptionnelle et les conditions de mise en œuvre sont strictement définies.

Dans l’esprit et dans la lettre du Code de procédure pénale, on n’y recourt qu’à titre exceptionnel et pour des motifs spécifiquement justifiés.

Nous savons que, depuis bien longtemps, en violation de la constitution et des lois qui y sont consacrées, la détention préventive est devenue l’arme absolue par laquelle les gouvernements, abusant de leur emprise “légale” sur la justice, neutralisent qui ils veulent, en particulier leurs adversaires politiques ou les individus qu’ils veulent mettre plus ou moins momentanément, hors circuit.

Sous le règne de M. Ould Abdel Aziz, ces détentions arbitraires suivies souvent d’actes d’humiliation étaient la règle contre ses adversaires. Tout le monde se souvient de l’acharnement avec lequel nombre de ses adversaires étaient poursuivis, y compris sur la scène internationale, en tentant même d’ instrumentaliser la coopération policiere criminelle internationale ( Interpol).

Dans son cas actuellement, l’ancien Président – à qui il faut souhaiter un très prompt rétablissement-, a littéralement cherché cette mise en détention provisoire -qui répond en tous points, aux conditions légales existantes: violation flagrante des exigences posées par une précédente décision de justice relative à son inculpation et à son placement en résidence surveillée.

Quoi qu’il en soit, independamment de toute considération de procédure, M. Ould Abdel Aziz doit certes bénéficier du droit au médecin de son choix et à un traitement adéquat. Il semble acquis qu’un tel droit a été respecté pour son cas. Il a subi, dans l’un des meilleurs établissements sanitaire du pays, une opération réussie, à Dieu ne plaise. Il faut s’en féliciter.

Mais on ne peut, pour autant, oublier les graves conditions dans lesquelles sous son règne cette question de respect de la dignité de ses prisonniers a été traitée par ses services.

Tout le monde se souvient du Sénateur Ould Ghada, en détention préventive manifestement illégale, menotté par la police pour aller en consultation chez son dentiste. Et d’autres et d’autres…! Tout celà devrait nous servir de leçon et nourrir chez nous la culture du respect du droit des gens et de l’Etat de Droit

  • Titre source :  De l’importance du respect des règles de l’Etat de droit en toutes circonstances, par Gourmo Abdoul Lo