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La CFCD appelle les forces politiques de tout bord à un consensus quelle que soit sa forme pour mettre le pays à l’abri du chaos

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La coalition des Forces pour le Changement Démocratique (CFCD) a appelé les forces politiques nationales de tout bord, à surmonter leurs divergences et à resserrer les rangs pour parvenir à un consensus national, quelle que soit sa forme.

 Les conditions générales du pays exigent une vision claire et du courage, pour aller de l’avant dans l’harmonie, l’unité nationale, la cohésion sociale et la démocratie, a indiqué la Coalition dans un communiqué.

La coalition est fermement convaincue du fait que, sans réformes au service du citoyen et du pays, il n’y a pas de stabilité, que sans stabilité, il n’y a pas de réformes possibles et que sans campagne paisible, il n’y a pas de résultats électoraux acceptables, ajoute le communiqué de la CFCD.

La scène politique se caractérise, à la veille des élections législatives, régionales et municipales, par la persistance et la précipitation de facteurs de grande gravité, qui menacent la stabilité et la paix sociale, dus principalement à la crise politique, économique et sociale qui persiste depuis des années, dans un contexte mondial et régional instable et dangereux, indique le communiqué, selon lequel, le syndrome malien et burkinabé doit représenter de nos jours, une source de préoccupation pour tous les Etats Sahel.

Ci-après une traduction dudit communiqué :

 La scène politique était divisée au cours de la décennie de la corruption en deux grands camps opposés : un régime autoritaire, antidémocratique et extrêmement corrompu, et une opposition démocratique, à la composition hétéroclite,  unifiée par une volonté effrénée de défendre l’unité nationale et la cohésion sociale, mais qui se fissure de jour après jour et dont les divergences se sont accentuées depuis l’arrivée au pouvoir du président Mohamed Ould Cheikh El-Ghazouani.

Le fait que la majorité parlementaire accepte la proposition de l’opposition de former une Commission d’Enquête Parlementaire pour auditer la gestion des comptes publics au cours de la dernière décennie et l’adoption des deux pôles d’une approche participative sur d’autres questions, telles que la pandémie de la Covid-19, ont prouvé, en dépit de quelques lacunes et contradictions, l’efficacité de la politique d’apaisement suivie par le Président de la République et l’opposition démocratique, 

Cette nouvelle atmosphère politique et sociale a permis l’adoption d’une feuille de route prônant un dialogue national inclusif qui n’exclut aucune personne et aucun sujet de discussion. Mais ce dialogue s’est heurté à des obstacles dressés par des milieux de la majorité et de l’opposition, ayant servi de prétexte à sa suspension, traduisant ainsi clairement le plus grand échec du défi portant sur un nouveau départ démocratique et consensuel pour le pays. 

Face à la nécessité de mener quelques concertations entre les différentes forces politiques du pays, le ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation a appelé les partis à s’entendre sur l’organisation d’élections consensuelles et crédibles.

Mais, au moment où la plupart des acteurs de la classe politique cherchait à approfondir et à renforcer le climat d’apaisement, en vue de réformes consensuelles, certains parties extérieures à l’opposition ont entrepris des manœuvres dans le but de créer une nouvelle polarisation politique, articulée sur le choix entre la confrontation et un retour à la fatidique décennie et ses résultats catastrophiques, d’une part et le  changement pacifique dans une atmosphère sereine, d’autre part.

Cette polarisation a pris la forme de tentatives visant à former des alliances politiques et électorales qui divisent l’opposition.

La situation du pays, caractérisée par la poursuite de la crise économique et sociale, notamment pour ce qui se rapporte à la dégradation des conditions de vie de nos concitoyens (prix élevés, chômage…),  les erreurs et les tergiversations de la gouvernance, le sentiment de frustration qui en résulte au sein de larges segments de la population et les groupes nationaux qui expriment leur mécontentement face à la marginalisation et à l’exclusion,  créé un terrain propice à toutes les sortes de dérives et de manipulations par des aventuriers politiques et renforce aussi les dangers qui pèsent sur le pays, notamment en ce qui concerne sa stabilité voire son existence, compte tenu du chaos vécu par notre environnement régional, dont les interactions affecteront sans nul doute et fortement notre futur proche.

Le paysage politique s’est caractérisé par l’existence d’une ligne de fracture profonde et dangereuse, dont le contexte défavorable constituera un danger à la tenue d’élections

À la lumière de cette situation générale, de ses caractéristiques marquantes et des réalités des forces en présence et partant des intérêts fondamentaux de notre pays, nous, les partis de la CFCD, partant du fait, que sans stabilité, il n’y a pas de réformes possibles, que sans campagne paisible, il n’y a pas de résultats électoraux acceptables, lançons un appel au peuple mauritanien, et en particulier à toutes les forces politiques nationales de tout bord, afin d’œuvrer afin d’anticiper les menaces qui pèsent sur notre pays, en surmontant nos divergences et nos contradictions de second rang, ) en resserrant les rangs et en s’engageant dans la bonne voie afin de parvenir à un consensus quelle que soit sa forme, qui est le seul à pouvoir nous prémunir des dangers qui nous guettent.

La situation générale requiert de notre part une vision claire et courageuse, pour aller de l’avant dans la concorde, l’unité nationale, la cohésion sociale et la démocratie.

Nouakchott, 27 joumada Ier 1444 – 21 décembre 2022

Les partis de la Coalition des Forces du Changement Démocratique