Accueil MAURITANIE Génocide en Mauritanie : le débat !

Génocide en Mauritanie : le débat !

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Le 11 février 1966, arrestations des auteurs d'un texte de référence : le Manifeste des 19

Le débat actuel sur le génocide peul en Mauritanie qui ne dit pas son nom révèle un juste, une âme honnête : Maître Sidi El Moctar qui est Professeur de droit privé, conseiller juridique international, avocat à la Cour de Cassation…. Il s’insurge arguments à l’appui, comme nous et d’autres, contre l’insultante appellation passif humanitaire. Il démontre techniquement qu’il s’agit d’un génocide peul.

Il serait fastidieux de reprendre ici son argumentaire implacable résumé par Cherif Kane dans ce lien https://kassataya.com/2022/09/10/mauritanie-lavocat-sidi-el-moctar-persiste-et-signe-le-genocide-des-peulhs-de-ould-taya/. Les audios sont surpartagés sur WhatsApp. Il a parlé avec ses qualités énumérées plus haut et se présente naturellement comme Maure. Lui ne pourrait être taxé de « nationaliste étroit ».

Il a, par ailleurs, fait une révélation extrêmement grave. Il y a 3 ou 4 ans, dit-il, un avocat a évoqué devant ses pairs l’idée de trouver le moyen d’empêcher les peuls de « se reproduire », « d’avoir des enfants ». La gravité des faits, de l’ensemble des faits, et l’importance de leur qualification au juste nous commandent de rester concentrés, de ne pas nous laisser disperser ou distraire par des analyses doctrinaires.

En requalifiant ce qui s’est passé en Mauritanie entre 1989 et 1991 voire 1992, nous avions pris le soin d’en discuter largement avec une pluralité d’acteurs qui l’ont jugé recevable. Cette démarche a été portée et validée par un pôle génocide et d’illustres fils et petits-fils de victimes de génocide sur le sol européen. Le précédent régime était au courant. A sa suite, le pouvoir actuel tente par tous les moyens d’étouffer la manifestation de la vérité. Voilà qui explique sa tentative malsaine de trouver « une solution » avec des ayants-droit.

Que l’opérationnalité du concept et sa reconnaissance soient assujetties à l’administration de la preuve de l’intentionnalité des faits puissent s’inscrire dans un long terme, notre détermination ne doit en aucun cas être entamée.

Les langues commencent à se délier, un coin du voile se lève également. Ce n’est donc pas le moment de céder à la fatalité.

Boubacar Diagana et Ciré Ba – Paris, le 10/09/2022