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Mauritanie : l’avocat Sidi El Moctar persiste et signe le génocide des Peulhs de Ould Taya 

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En réponse aux propos du juriste mauritanien Lô Gourmo qui qualifie les déportations des noirs de 1989 de crime contre l’humanité l’avocat Sidi El Moctar pointe un génocide de l’ancien président Ould Taya. Le spécialiste de droit privé persiste bien une intention de nuire à un groupe ethnique, les peuls ou Haalpulaar de la vallée.

C’est un débat qui continue d’emballer les réseaux sociaux sur le génocide mauritanien entre les tenants de la thèse de crime contre l’humanité défendue par le juriste Lô Gourmo et la plupart des intervenants historiens et défenseurs des droits de l’homme dont l’avocat Sidi El Moktar, spécialiste en droit privé dont la contribution est fort intéressante pour la compréhension de cette page sombre de l’histoire mauritanienne communément appelée passif humanitaire.

Sidi El Moctar est revenu sur la nature du régime de Ould Taya qui a gouverné la Mauritanie de 1984 à 2005 pour camper le décor du génocide qui s’est déroulé devant ses yeux en 1989 lors des événements entre le Sénégal et la Mauritanie. Il venait de décrocher son BAC Il était surtout à cette époque militant actif de la tendance Nassériste, une idéologie exportée d’Egypte.

C’est l’alliance de cette idéologie avec celle des Baathistes d’Irak et de Syrie dont Ould Taya s’est servi pour accélérer le processus d’arabité de la Mauritanie en niant l’existence des autres composantes nationales en particulier les négro-mauritaniens de la vallée en première ligne les peuls ou les Haapulaaren ceux qui parlent la langue pulaar considérés comme des Sénégalais. Et l’histoire retiendra que c’est la communauté qui a subi les pires exactions du régime de Ould Taya dont la déportation de plus de 100000 d’entre eux au Sénégal et au Mali en 1989. Plus d’une centaine de civils sont morts enterrés dans des fosses communes.

Pour le conseiller juridique international, il s’agit d’un génocide bien préparé par les forces armées et de sécurité. Deux régions du Sud étaient visées Kaédi et Boghé épargnant le Guidimaka la région des soninkés parce Ould Taya avait pris le soin d’avertir que la communauté n’était pas concernée par la politique d’épuration ethnique engagée par lui.

Les préfets et les gouverneurs du Brakna et du Trarza sont récompensés de leurs efforts pour récupérer le bétail laissé par les déportés et pour la confiscation de leurs terres agricoles. Pour l’avocat mauritanien l’intention de Ould Taya est de détruire et de porter préjudice à un groupe ethnique, les peuls.En résumé les victimes sont des civils et même des militaires avec l’assassinat des 28 soldats issus de la vallée en 1991 à Inal au Nord du pays.

C’est également l’avis des historiens Ciré Bâ et Boubacar Diagana qui reconnaissent ce mode opératoire présentant toutes les caractéristiques d’un génocide au sens retenu par les nations-Unies en 1948 dont une des conventions reconnaît comme tout acte » commis dans l’intention de détruire en tout ou en partie un groupe national, ethnique, racial ou religieux ».

Après 33 ans de ce génocide les observateurs s’indignent que les plaintes internationales dans les tribunaux français et belges traînent toujours parce que plus particulièrement les intérêts français en Mauritanie sont si importants au point que le Sénégal même victime de ses évènements ne réagit pas favorablement abritant jusqu’à présent près de 15 000 réfugiés qui attendent toujours de rentrer au bercail. Les milliers de réfugiés au Mali ne sont même pas reconnus par les autorités de Nouakchott.

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

/kassataya