Accueil MAURITANIE Système policier : Ghazouani sur les pas d’Aziz! déplore Samba Thiam

Système policier : Ghazouani sur les pas d’Aziz! déplore Samba Thiam

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ghazouani

L’actuel président mauritanien Mohamed Ould Cheikh Ghazouani, dont le discours encore frais prononcé à l’occasion de la célébration du 61ème anniversaire de la fête de l’indépendance, promettant monts et merveilles pour une Mauritanie réconciliée avec elle même, une et indivisible, court le gros risque d’être piège par son propre système policier, lequel ne parvenant pas à assurer la sécurité des citoyens confrontés à toutes les formes de la criminalité, excelle dans la répression de paisibles citoyens.

A force de défiler les images indignes de manifestants brutalisés hier à Bababé et bien avant dans certaines villes et villages du pays dont Ngawlé, R’Kiz, Bassiknou, on ne peut plus accorder de confiance à un tel combien beau et songeur discours, passé ipso facto à la lumière des faits têtus à une allocution improvisée et totalement déconnectée de la réalité.

Dans une interview accordée à Horizons, l’homme fort de Nouakchott, cité par l’AMI, a réitéré ses priorités en mettant l’accent sur “la paix sociale, la concorde nationale et l’apaisement politique comme préalable à tout développement”.

Mais moins de 24 heures après, c’est le système policier qui montre le contraire en tabassant des protestataires pacifiques, soit un déni précoce qui augure la suite des événements

C’est d’autant vrai qu’au moment où le président s’investissait pour rassurer, des citoyens sont maltraités et torturés pour avoir manifesté pacifiquement à la mémoire des 28 pendus d’Inal

Dans la foulée des réactions à cette infamie, le président des Forces Pour le Changement (FPC), toujours égal à lui même et résistant à tout marchandage de ses convictions et principes de plus de 4 décennies, en revient au constat selon lequel, Ghazouani est entrain d’emboiter le pas à son prédécesseur Mohamed Ould Abdel Aziz.

“Le Président est entrain de suivre la trajectoire de Ould ’Abdel Aziz”, déplore-t-il, affirmant que “que cela pourrait déboucher au pire, au regard de la loi scélérate sur les symboles de l’Etat qui vient d’être votée à l’assemblée nationale, par forcing”.

A l’adresse de l’Opposition, plus obnubilée par les intérêts personnels de ses leaders, Samba Thiam appelle les contrepouvoirs à comprendre “que la volonté de dialoguer doit être partagée par deux parties, mais surtout que ce Dialogue suppose, pour réussir, un climat d’apaisement.

Malheureusement, c’est à un climat tendu voire surchauffé auquel on assiste aujourd’hui, compromettant le faible espoir de sortir le pays du “cercle vicieux” de la crispation sociale.

Samba Thiam, à qui l’avenir a toujours donné raison dans ses décisions courageuses, dont la plus récente est d’avoir claqué la porte des concertation prises en otages par des arabisants puissants et irréductibles, semble à la lecture de sa réaction profondément touché voire meurtri et au bout du désespoir.

Il n’est certes pas le seul, mais son courage légendaire l’a poussé immédiatement, à partager cette profonde douleur et à appeler les autorités dont le président Ghazouani à assumer leurs responsabilités et à se ressaisir avant qu’il ne soit trop tard.

Voyons ce qu’il dit : “lorsque j’ai vu hier ces images de jeunes couchés, les pieds dans le plâtre ou sous perfusion, victimes de répression féroce des forces de l’ordre, j’en ai conclu que le Président Ghazouani venait de sacrifier le seul élément tangible dont il pouvait se vanter : le climat d’apaisement ou d’accalmie”.

En même temps d’autres voix, témoins du racisme d’Etat érigé en système, se sont élevées à l’étranger presque simultanément pour appeler à la scission du Sud mauritanien.

Quoiqu’il en soit, le pouvoir de Ghazouani vient par cette escalade de montrer ses signes rouges et de basculer dans la dictature après avoir suscité de grands espoirs, ayant conduits d’infatigables combattant à ranger leurs armes politiques en attendant de voir plus clair et de décider en connaissance de cause