Accueil MAURITANIE Secouée par l'”esclavage” à Aïn Farba, la CNDH bat campagne

Secouée par l'”esclavage” à Aïn Farba, la CNDH bat campagne

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Vaut mieux tard que jamais, après que la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) ait constaté de visu et à la suite d’une enquête minutieuse diligentée par l’une de ses missions que l’esclavage persiste bel et bien en Mauritanie et que le temps du black-out, de l’amateurisme et du mutisme sur ces pratiques primitives et indignes d’une Nation appelée à prospérer est à jamais révolu, surtout face à l’ire grandissante des anti-esclavagistes dont la notoriété ne cesse de susciter les soutiens sur les fronts intérieur et extérieur.

 Secouée ainsi par le cas esclavagiste incontesté de Aïn Farba dans la wilaya du Hodh Gharbi, qui ne serait que cette partie émergée de l’iceberg, la CNDH a décidé ipso facto de passer à la vitesse supérieure.

Bien que jouissant d’une certaine indépendance et malgré les accointances politiques et la tentation de défendre l’Etat, la CNDH dont le président est un avocat incontestablement compétent et engagé, a semble-t-il, été tiré de son demi-réveil par le sommet du sérail.

En atteste les propos même de son président Me Ahmed Salem Ould Bouhoubeiny tenus à Atar dans le cadre du lancement de la campagne de sensibilisation anti-escalvagiste, en disant :

« Ce gigantesque effort de l’État en la matière doit être accompagné par une large action de sensibilisation sur la gravité du phénomène et la responsabilité en ce sens incombe, notamment, à la CNDH et aux acteurs de la société civile qui doivent également signaler tout cas de manquement à la réglementation en matière de droits de l’Homme pour sa prise en charge et l’application de la loi par l’État ».

C’est tout de même ce qu’on peut tirer de cette caravane de sensibilisation sur les dangers de l’esclavage, qui n’avait pas été lancée bien avant, mais uniquement aujourd’hui, au moment où le cas esclavagiste de Aïn Farba fait le chou gras de l’actualité politique et activiste nationales, dominant la vive polémique suscitée par l’adoption de la loi sur les symboles nationaux et les distances prudentes prises par certains partis de l’opposition radicale par rapport au pouvoir en place.

Ce dernier est paradoxalement passé sans transition de la position de dialoguiste et de quête du consensus vers la surenchère, menant actuellement tambours battants, à travers son fer de lance, en l’occurrence l’Union Pour la République (UPR) une vaste campagne politicienne dans les régions de l’intérieur du pays.

Concernant la campagne de sensibilisation aux dangers de l’esclavage précitée, soulignons qu’elle a été lancée hier mardi 16 novembre courant, par le président de la CNDH, depuis la capitale de l’Adrar Atar.

Organisé sous le thème, “Opposons-nous à l’esclavage,”  la campagne de sensibilisation cible les wilayas de l’Adrar, du Tiris-Zemmour, de l’Inchiri et du Tagant.

Un fait paradoxal, puisque c’est incontestablement le Nord (Adrar, Tiris Zemmour, Inchiri, Dakhlet-Nouadhibou) de la Mauritanie où les anciens esclaves sont les plus émancipés et les plus affranchis et puisqu’il faut pour des raisons d’efficacité et de pertinence commencé par le Guidimakha, le Gorgol, les Hodhs, l’Assaba et le Brakna, quoique qu’il faut que cette campagne touche les coins les plus reculés du pays, sans dépasser aucun.

Mais, c’est tout de même une démarche louable entreprise par la CNDH qui mérite d’être saluée, puisque inédite de la vie de cette commission créée depuis 2010, même si elle peut être qualifiée d’involontaire, dés lors où ce sursaut est la conséquence indirecte des cris d’alarme et de dénonciation des défenseurs des droits de l’homme, en premier l’IRA.

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