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Octroi de la double nationalité en Mauritanie: Fin du cauchemar pour les apatrides

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La double nationalité des mauritaniens à l’étranger était l’une des trois doléances exprimées en septembre 2019, par les expatriés mauritaniens

La double nationalité des mauritaniens à l’étranger était l’une des trois doléances exprimées en septembre 2019, par les expatriés mauritaniens résidents aux Etats Unis d’Amérique, au Président mauritanien fraichement élu Mohamed Ould Cheikh Ghazaouni, au cours d’une visite effectuée à New York.

Cordiale et ouverte la rencontre laisser planer une atmosphère d’attention, d’ouverture et d’optimisme après des années de désespoir pour les interlocuteurs du Président.

Un tableau qui contrastait totalement avec celui de son prédécesseur, en l’occurrence l’ancien président  Mohamed Ould Abdel Aziz dont les déplacements en France et aux Etats Unis étaient l’occasion pour les ressortissants mauritaniens de manifester leur profonde colère et parfois de passer à la casse, non seulement pour exiger de nouveau le règlement du persistant passif humanitaire, mais également pour revendiquer le droit à la double nationalité.

Les hôtes du président Ghazouani, dont les représentants de la colonie mauritanienne au niveau des Départements d’Etat de Cincinnati, de Kentucky, de New York et du Canada, reçus par le Chef de l’Etat en présence de l’ambassadeur de Mauritanie aux USA et du ministre des affaires étrangère Ismael Ould Cheikh Ahmed, et le député de la diaspora Sow Abou Demba, furent assurés, après avoir étalé leurs préoccupations, que leurs doléances seront satisfaites et que des instructions fermes seront données incessamment au gouvernement dans ce sens, afin que tous les mauritaniens expatriés jouissent de leur nationalité d’origine; ce qui sous-entendait une phase préliminaire au dénouement définitif à court terme cette controverse, demeurée un sujet non discutable pour les maîtres de la décade 2009-2019. 

22 mois après cette audience accordée par l’Homme fort de Nouakchott aux délégués de la communauté mauritanienne expatriée aux Etats Unis et les promesses tenues, l’heureuse nouvelle tant attendue depuis des années a été officiellement annoncée au terme de la réunion du Conseil des ministres ordinaire organisée le mercredi 16 juin courant.

« Le Conseil a examiné et adopté un projet de loi modifiant et abrogeant certaines dispositions de la loi n°61-112 du 12 juin 1961, modifiée portant code de la nationalité », révèle le communiqué du Gouvernement, selon lequel, le présent projet de loi vise à modifier l’article 30 (nouveau) pour prévoir des cas précis de perte de la nationalité, ainsi que l’article 31 (nouveau) pour consacrer, désormais, la conservation de la nationalité mauritanienne de manière systématique, tout en prenant en compte certains cas d’incompatibilité dont la liste pourrait être complétée par un décret.

Comme il n’y a de meilleure interprétation que de ce décret tant souhaité, qui étouffera incontestablement de nombreuses voix de contestation dans les rangs de l’opposition notamment à l’exil, que celle des officiels, voici ci-après la lecture qu’en donne justement le Porte-parole du gouvernement Mohamed Moctar Ould Dahi, qui s’est appesanti sur cet acquis exclusif à mettre au crédit du pouvoir de Ghazouani et qui ne manquera pas de lui attirer l’admiration des mauritaniens rendus « apatrides » par ses prédécesseurs.

« Le nouveau projet permettra aux mauritaniens à l’extérieur de conserver la nationalité mauritanienne dans le cas où ’ils obtiennent une autre nationalité », a affirmé le Porte-parole, indiquant qu’il vient modifier l’article précédent qui entraine la perte automatique de la nationalité mauritanienne en cas de détention d’une autre, sauf avec l’accord du Président de la République. 

Et d’inscrire la nouvelle loi « dans le cadre des engagements du Président de la République pour régler les problèmes auxquels les mauritaniens sont confrontés », dont entre autres ses promesses faites à aux délégués de ses compatriotes expatriés aux Etats Unis et de manière générale à toute la diaspora qui n’attend pour venir servir le pays et mettre à sa disposition son savoir-faire et ses expériences que de jouir de cette double nationalité.

Une revendication d’ailleurs légitime, dés lors où les exilés par la force se sont crées des affinités et des affaires à l’extérieur et se sont parfaitement intégrés au sein de sociétés  d’accueil, ; ayant élevé leurs fils et leurs petits-fils et y obtenu leur naturalisation, au point qu’ils ne peuvent plus faire table rase de toute cette démi-vie pour recommencer une autre incertaine, politisée et risquée au Bled.

 « Cette décision vient après de longues années d’attente et traduit la volonté de l’État de renforcer les rapports de fraternité et la cohésion sociale entre les mauritaniens à l’extérieur afin de contribuer au développement du pays ; tout en prenant en considération les autres cas qui peuvent entrainer des contradictions avec la double nationalité », a ajouté le Porte-parole. 

Il faut rappeler que les engagements du président Ghazouani relatifs au port de la double nationalité ont été régulièrement réitérés, notamment, au cours de sa visite effectuée en novembre 2020 au Guidimakha, où cette doléance se posait, selon ses propres propos, avec acuité.

Tous les mauritaniens auront leurs documents nationaux après une redynamisation des centres d’état civil et un redéploiement de la commission nationale pour le traitement de tous les cas sur l’ensemble du territoire national, avait-il assuré aux guidimankais, mettant en exergue sa prise de conscience du fait que la double nationalité est une doléance prioritaire dans la wilaya, dont le quotidien repose sur les épaules de ses ressortissants exilés ou qui travaillent en Europe et aux Etats Unis.

« Les instances concernées étudient actuellement la possibilité de satisfaire les revendications de nos colonies à propos de la double nationalité et planchent sur les solutions appropriées », avait-il affirmé.

Enfin, rappelons que 5 ans après sa prise par la force du pouvoir sur fond d’élection mitigée à la tête du pays, l’ancien président Ould Abdel Aziz était très vague sur l’octroi de la double nationalité sous son magistère et l’a surtout conditionnée par l’adoption d’un décret l’autorisant.

Il est possible à tout citoyen de conserver sa nationalité en cas d’obtention de celle d’un autre pays, avait-il dit en 2014, affirmant qu’il suffit seulement que cette personne suive la procédure prévue par la loi adoptée par le gouvernement en 2009, qui commence par la formulation d’une demande pour conserver sa nationalité mauritanienne en plus de celle du pays d’accueil, et qui se termine par un décret l’autorisant à conserver sa double nationalité.

Il recevait à l’époque des représentants de la communauté mauritanienne expatriée au pays de l’Oncle Sam.

Alors avec le récent décret autorisant l’accès à la double nationalité, peut-on se permettre de dire que c’est la fin du cauchemar pour les apatrides?

Les réactions continuent de pleuvoir et les prochains donneront sans doute un aperçu plus global des répercussions de décision courageuse et sage prise par le pouvoir de Ghazouani pour mettre fin au dépaysement des mauritaniens et la privation du pays de leurs potentialités dans les divers domaines.

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