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Le bilan minier à mi-parcours du Président Ghazouani

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Le ministre du pétrole, de l’énergie et des mines M. Abdessalam Mohamed Saleh, l’un des plus corrects, aux côtés de rares membres du gouvernement II du Président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani s’est prêté hier à l’exercice élogieux de l’homme fort de Nouakchott, en présentant, sans le signifier, ce qu’on peut appeler, le bilan minier et pétrolier à mi-parcours du Président.

Le ministre dont le discours laisse penser qu’une révolution s’est effectivement opérée dans le secteur dont il a la charge, prononçait un discours à l’occasion de la supervision de Son Excellence le Président de la République de la cérémonie d’inauguration d’un projet intégré d’orpaillage artisanal et semi-industriel, précisant que ledit centre assurera de nombreux services de base tels que l’eau et l’électricité

La diversification de la production du secteur, la stimulation de la participation des investissements nationaux, la promotion d’une gestion transparente et durable des ressources minérales et l’ouverture de plus de sites de prospection devant les orpailleurs, font partie des engagements devenus une réalité de ce programme, a-t-il dit, soulignant dans le même cadre des promesses matérialisées, le développement de l’activité liée à l’or, l’organisation du secteur privé de l’orpaillage, à travers la création de la Société ‘’Maaden Mauritania’’, quelques mois après la prise de Son Excellence de ses fonctions de Président de la République, pour que cette société se mette avec sérieux et avec dévouement au travail, à servir la famille minière toutes composantes confondues d’une part et l’économie, le progrès et la prospérité du pays, d’autre part.

« Le rôle le plus important de la Société ‘’Maaden Mauritania’’ est d’organiser un domaine initialement dépourvu de toute expérience ou processus de réussite ; ce qui a nécessité un grand travail théorique, un effort de terrain énorme, une longue et prudente concertation, une construction constante de la confiance entre toutes les parties impliquées dans le processus, d’où la création d’une atmosphère de travail au service de tous », a dit M. Abdessalam.

Il a souligné l’ouverture de plus de 24 nouvelles zones d’orpaillage artisanal et la création d’une autre zone nouvelle à Chegatt, mettant en exergue le rôle joué par la société dans l’accès des orpailleurs aux services de base dont le désenclavement desdites zones, l’accès à l’eau, aux télécommunication et la mobilisation d’équipes d’encadrement et de supervision.

« Le secteur minier a joué un rôle de premier plan au cours des deux dernières années, contribuant à atténuer le choc consécutif à la pandémie mondiale de Covid 19 et ses répercussions économiques, à un moment où la plupart des autres secteurs économiques reculaient », a précisé le ministre.

« L’orpaillage artisanal a constitué un facteur important de résilience aux effets négatifs de la pandémie, puisque sa contribution dans le cycle économique a été évaluée selon certaines estimations, à 780 millions de dollars américains environ, tandis que le secteur minier artisanal a permis la création de plus de 45 000 emplois directs (dans le traitement de l’or et près de 100 000 emplois indirects, alors que le secteur minier industriel a contribué aux ripostes de la crise et à ses impacts négatifs », a-t-il poursuivi.

« S’agissant de l’extraction de l’or, les négociations avec Kinross en 2020 ont abouti à l’acceptation de l’introduction de la redevance progressive en fonction des fluctuations du prix de l’or, ce qui a permis de doubler sa valeur, pouvant atteindre 6,5 % au lieu de 3%, ce qui a représenté un grand avantage pour l’État ayant permis de gagner 20 millions de dollars supplémentaires en 2020 », a-t-il dit.

Le ministre a passé ensuite en revue le bilan du secteur minier depuis l’arrivée au pouvoir de Ould Cheikh El-Ghazouani, avant de présenter les principaux axes de la vision future du secteur.

« La société SNIM a franchi le tunnel obscur vers lequel elle se dirigeait, en raison d’une gestion mal pensée et d’interventions improvisées de l’Etat dans les affaires de la société », a-t-il souligné.

« Ainsi, et grâce à vos orientations fermes sur la transparence de la gestion des ressources minérales, l’application des bonnes pratiques et des meilleurs standards techniques et économiques, une nouvelle voie a été tracée pour la société, qui garantit la réforme et la réorganisation de la SNIM et son développement continu, puisque ce nouveau processus, a permis à la société de réaliser des exportations de près de 12,5 millions de tonnes de minerais de fer et un chiffre d’affaires de plus de 1,2 milliard de dollars en 2020, ce qui a doublé ses revenus par rapport à 2019. »

« En conséquence, la contribution de la SNIM à l’économie nationale s’est améliorée en 2020, puisqu’elle a contribué à 43 % des exportations nationales, à 11 % du PIB et à 10 % des recettes budgétaires générales de l’État», a-t-il souligné, disant que plus de 6 200 employés y travaillent actuellement, révélant que l’année 2021 sera la meilleure année de l’histoire de la société, eu égard au renchérissement du prix du minerai de fer et à l’augmentation significative des ventes.

«Un tel état de choses améliorera sa contribution à l’économie nationale alors que le rythme des investissements visant l’expansion de la production et l’amélioration de la position de la SNIM au niveau mondial s’est accru et que le gisement de F’Dérick a été repris, après avoir été cédé sans contrepartie et dans des circonstances ambiguës, au cours d’une période antérieure par l’Etat.»

« La société œuvre actuellement pour le développement de ses propres capacités, avec un travail préliminaire engagé dans le projet, qui augmentera la capacité actuelle de production de la SNIM de 3 millions de tonnes de minerais naturellement riches d’ici 2024 et la relance du projet géant El Aouj en partenariat avec la société suisse Klincor afin d’élaborer des plans de travail et de levée de fonds », a-t-il poursuivi.

« Le processus d’études du projet Niz Raqaf a été par ailleurs lancé, dans le cadre de l’accroissement des capacités propres de la société, pour produire 6 millions de tonnes de minerais concentrés annuellement », a-t-il dit, soulignant que la société œuvre aussi, en application du programme Taahoudati, notamment l’objectif lié à la diversification des ressources et des activités minières, en vue du renforcement de la quête d’un processus de réforme généralisée de toutes les filiales de la SNIM afin de restructurer et d’améliorer leurs performances techniques et financières, après qu’elles aient connu une régression de leurs rendements fonctionnels.

« Les staffs techniques de la société Samia ont été renouvelés et ses activités ont été recentrées autour de sa mission originelle de pionnier dans le domaine de l’exploitation du gypse, retrouvant ainsi la confiance des partenaires », a affirmé le ministre, selon lequel, la situation financière de la société ATTM, qui avait enregistré un déficit financier au cours de ces dernières années, a connu une amélioration significative, lui permettant d’accroître son rôle dans la réalisation des infrastructures.

« Concernant les services sociaux et de base, la fondation SNIM a été refondée, après avoir dévié de sa vocation naturelle, afin d’être un affluent important du développement social et économique local. Une telle réforme lui a permis d’orienter ses programmes exclusivement vers le développement social et économique, en particulier dans les régions du Nord, où elle a dépensé près de 4 milliards d’ouguiyas pour l’année 2021, principalement dans l’appui à l’éducation, l’accès à l’énergie, à l’eau, à la santé et au développement local ». Il a souligné la reprise du gisement Tamaya, le renoncement de la société Tasiast au profit de l’État de plus de 72 millions de dollars payés comme impôts sur les hydrocarbures exonérées des taxes et le paiement de 10 millions de dollars à titre de prime d’accord.

« Grâce au même accord, la société versera un montant d’un million de dollars par an pendant toute la période d’exploitation de la mine pour appuyer la recherche géologique. Elle s’attellera également à soutenir et promouvoir le contenu local, tandis que l’actuel projet d’extension de la mine de Tasiast, permettra d’atteindre l’objectif d’augmentation de la production de 40% pour atteindre 660 000 onces d’or en 2022 ; ce qui aura un impact positif sur l’augmentation des revenus sur la trésorerie et l’emploi de la main-d’œuvre.

Le ministre a loué aussi le rôle positif joué par les sociétés minières dans le développement de l’économie nationale et leur contribution à la promotion et au développement des compétences nationales et à l’offre d’emplois.

Concernant les perspectives d’avenir, le ministre a déclaré que la réflexion actuelle au niveau du Département se concentre sur la création de synergies et d’harmonie entre les secteurs des mines et de l’énergie, disant que le plan directeur du gaz actuellement en cours d’élaboration par le ministère, donnera la priorité à l’augmentation des pôles miniers dans le nord avec une électricité aux prix abordables et une fiabilité élevée, en vue du démarrage de la production de gaz.

Les projets d’hydrogène vert en cours de développement sont censés permettre à notre pays de se positionner comme l’un des pays leaders dans les filières sidérurgiques vertes, a-t-il dit.

« Ainsi, pour la première fois, la Mauritanie peut espérer sincèrement entrer dans une nouvelle ère marquée par une industrialisation durable et par le développement des industries manufacturières, qui permettront de profonds changements positifs dans tous les aspects de la vie économique et sociale de notre pays.

Une telle situation sera porteuse d’opportunités d’emploi à grande échelle pour nos jeunes », a-t-il poursuivi, disant que le chemin à parcourir est encore long et requiert la réalisation de nombreuses études, de mobiliser d’énormes ressources et de poursuivre le développement technologique.

« Malgré le grand potentiel de ressources minières exploitables, la stabilité et la sécurité qui caractérisent notre pays ainsi que leur impacts sur le manque de revenus qui en résulte, le gouvernement a commencé à améliorer l’attractivité de vastes zones de notre pays, rendant le secteur minier plus ouvert à l’initiative privée et privilégiant le principe de partenariat », a-t-il dit.

Et de poursuivre que cela se fera à travers une révision globale du cadre juridique minier et que l’État sera partenaire de tous les futurs projets, qu’ils soient miniers, pétroliers ou gaziers, après avoir été absent de plusieurs projets au cours des décennies passées.

« Tout comme il garantit les droits des investisseurs et des partenaires, l’Etat sera soucieux de protéger les intérêts nationaux d’une manière qui assure l’égalité et l’équité pour les générations futures », a-t-il conclu.

Avec AMI