À propos du rapport sur les incendies des centrales électriques
Il y a un mois, deux centrales électriques ont pris feu. Le pays a été plongé dans l’obscurité, l’économie à l’arrêt, les citoyens pénalisés.
Aujourd’hui, la Commission d’enquête chargée de faire la lumière sur ces défaillances est censée remettre son rapport au Président de la République.
C’est un moment de vérité.
Car ce qui s’est passé n’est pas un simple incident technique. C’est le symptôme d’un système malade : marchés opaques, maintenance défaillante, recrutements et nominations de complaisance, absence de contrôle. L’électricité, bien public vital, a été gérée comme une rente financière.
Les Mauritaniens connaissent la suite habituelle : un rapport qui dort dans un tiroir, une commission qui blanchit les responsabilités, des scandales étouffés parce qu’ils touchent des proches du pouvoir. Cette impunité est devenue la règle. Elle est plus destructrice que les pannes elles-mêmes, car elle détruit la confiance.
C’est pourquoi nous, exigeons :
1- La publication intégrale et immédiate du rapport. Pas un résumé. Pas une version expurgée. La vérité brute, pour le peuple, et la prise de décisions immédiates pour améliorer la gestion de l’électricité dans le pays.
2- L’établissement clair des responsabilités. Techniques, administratives et financières. Qui a signé quoi ? Qui a entretenu quoi ? Où est passé l’argent de la maintenance ?
3- Des poursuites judiciaires, pas seulement administratives. Si faute il y a, elle doit être jugée. Muter un responsable n’est pas rendre justice.
Le Président de la République est actuellement devant une responsabilité historique:
Prendre des décisions immédiates devant permettre l’approvisionnement régulier des populations du pays en électricité, particulièrement les populations vulnérables.
Les citoyens ne demandent plus des promesses d’électricité. Ils demandent la vérité sur l’électricité. Sans vérité, il n’y aura pas de lumière durable. Sans justice, il n’y aura pas de confiance.
L’impunité doit cesser. Cette fois-ci, l’obscurité doit s’éclairer.
Madame Coumba Dada Kane, ancienne Députée

