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Diam Min Tekky réagit à l’interdiction de son concert

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Diam Min Tekky réagit à l’interdiction de son concert

Le vendredi 4 mars, le groupe de rap mauritanien Diam Min Tekky s’est vu interdire de concert pour la sortie de son album « 30 ans » programmée le lendemain, à l’Arena de Sebkha, dans la banlieue de la capitale mauritanienne.

Le groupe de rap, déjà auteur de deux albums, s’est exprimé pour la première fois depuis cet événement, lors d’une conférence de presse mercredi 9 mars, à Nouakchott.

Le populaire groupe de rap mauritanien a affirmé avoir fait face à des harcèlements, depuis son retour d’exil de Belgique, d’abord à leur arrivée à l’aéroport de Nouakchott puis par des intimidations policières qui n’ont pas épargné leurs familles ni leurs voisins.

Des agissements vigoureusement dénoncés par Mar Ba, un des membres de Diam Min Tekky.

« Vous menacez nos familles, nos voisins, vous envoyez des gardes, des policiers. Vous nous intimidez pour qu’on arrête de parler. Pour qu’on arrête d’en parler, il faut régler ce problème », a dit Mar Ba, en référence au problème du passif humanitaire, sujet qui occupe une bonne place dans le dernier album de Diam Min Tekky.

« Tellement d’injustices dans ce pays et vous voulez qu’on n’en parle pas, pourquoi ? En 1990, vous avez pendu 28 militaires et vous refusez de le reconnaitre. Reconnaissez l’histoire parce qu’elle fait partie de nous. Réglez cette histoire, parce que c’est l’histoire de la Mauritanie, ce problème. Amenez les tortionnaires devant la justice et qu’ils soient jugés. Tous ces gens qui ont les mains remplies de sang, vous les nommez des généraux et vous croyez qu’on a peur de dénoncer ça, de dire ce qui se passe dans le pays. On continuera à dénoncer l’injustice jusqu’à la mort », a encore dit Mar Ba.

Le groupe de rap a appelé les autorités mauritaniennes à concentrer leurs priorités sur la cherté de la vie, la santé, l’éducation, le chômage des jeunes que de museler les voix libres et critiques.

« Un message pour réformer » la Mauritanie

De son côté, l’avocat de Diam Min Tekky, Me El Ide Mouhamed Mbareck a embouché la trompette pour critiquer la censure qui a frappé Diam Min Tekky.

« Tout le monde doit élever la voix pour dire aux autorités de cesser ce genre d’agissements. Ils ne sont pas légaux, ils ne sont pas justes. Ce qui s’est passé, on le déplore, on va l’attaquer et le soulever partout dans le monde », a déclaré cet avocat et député à l’Assemblée nationale.

Me El Ide Mouhamed Mbareck a invité les autorités mauritaniennes à faire preuve de retenue et d’ouverture face aux revendications de Diam Min Tekky.

« Ils ont aussi un message de paix, d’unité, de cohésion mais aussi leur mot à dire dans cette société et dans ce pays. Ils disent tout ce que déplore le peuple mauritanien dans sa diversité, les souffrances qu’il a subies, les problèmes qu’il a vécus comme le passif humanitaire, de l’injustice, de la jeunesse, du chômage, de l’éducation, de l’accès à l’emploi. Ils peuvent être différents des autres mais ils ont un message. Leur message est juste, c’est un message pour réformer ce pays, pour rétablir le pays sur les bons rails et les rails de ce pays ne peuvent être jamais tenus sans la justice, la cohésion et l’égalité », a déclaré Me El Ide Mouhamed Mbareck, lors de cette conférence de presse.

La censure qui a frappé Diam Min Tekky a eu des échos en dehors des frontières mauritaniennes.

De Dakar à Conakry en passant par Bamako, des figures connues du rap en Afrique ont exprimé leur soutien à Diam Min Tekky, après l’interdiction du concert de la sortie de leur troisième album « 30 ANS » en hommage aux 28 militaires négro-mauritaniens pendus dans la nuit du 27 au 28 novembre 1990.

Par Babacar BAYE NDIAYE

Pour Cridem