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Monsieur Ghazouzni, osez, nettoyez !

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Le projet de loi sur l'éducation: A-t-il trahi l'esprit du rapport final par Amadou Alpha Ba

Monsieur le Président, Monsieur Ghazwani,

Vous avez parlé de mauvaise administration, vous avez parlé de walis qui ne vont pas au chevet des administrés, de coupures intempestives et injustes d’eau et d’électricité, de, de…

Monsieur le Président, cette administration de pourris, de voleurs, de tricheurs, de gabegistes, de racistes, cette administration, vous la connaissez depuis ses ancêtres nés un certain 10-10-1978. Elle a toujours été la même, de la même lignée généalogique, et vous en êtes un pur produit, un descendant légitime. Car un certain soir électoral de juin 2019, elle a produit par sa magie légendaire, par sa triche pointue, elle a produit un président non élu.

Un président qu’elle a su imposer au plus radicaux de l’opposition, un président qu’elle a su muer en meilleur ami de certains faux-vrais fervents opposants d’hier.

Cette administration de petits larcins, c’est elle qui fit de vous ce que vous êtes, et vous lui avez bien rendu la monnaie, car au lieu de procéder a un véritable nettoyage qui était attendu de vous, vous l’avez recyclée, vous lui avez renouvelé votre confiance, vous lui avez donné carte blanche. Vous lui avez donné tous les pouvoirs, vous avez même renforcé les pleins pouvoirs despotiques qu’elle avait fini de s’arroger grâce a la vision éclairée de son dernier mentor de président, je veux nommer votre ancien meilleur ami de 40 ans, Mohamed Ould Abdel Aziz, notre vaillant Poutine national. 

Elle pouvait tuer Lamine Mangane à Magama sans se soucier des conséquences judiciaires, elle pouvait refuser l’enrôlement des enfants mauritaniens et obtenir une promotion méritée, elle pouvait toujours spolier les terres de Darel Barka,  de Lixeiba, de Ngawle, et être félicitée en conseil des ministres. Elle pouvait faire enterrer nos morts au Sénégal,  transformer nos cimetières en champs de riz, nos champs de riz en lieux de villégiature, etc, etc. Elle pouvait créer de fausses usines d’avions. Elle pouvait vendre nos îles et nos aéroports.

Elle pouvait changer nos maigres vrais dollars en pourriture de faux ouguiyas. Elle pouvait faire ce qu’elle voulait, comme bon lui semblait, en véritable colon en territoire conquis. Et pour toutes ces prouesses, elle obtenait les applaudissements de nos honorables députés, alors que le bas peuple pleurait, dépité. Et vous lui avez renouvelé votre confiance.

Aujourd’hui, elle a droit de couper les mains des jeunes de Bababe, elle a le droit de torturer des femmes enceintes de Ngawle, de mettre en prison les manifestants qui réclament justice, de torturer et de jeter en prison les blogueurs lanceurs d’alerte, de refuser le droit de manifester aux veuves et orphelins du génocide de Ould Taya. En un mot, elle a droit de vie et de mort sur tous ceux qui osent se dresser sur son chemin.

Monsieur le président, un pouvoir sans contre-pouvoirs s’appelle despotisme. Or, le vrai contre-pouvoir est celui exercé par le peuple. Or ici, dans ce pays de mille et un voleurs, uniquement pour avoir dit non à la gabegie, non au népotisme, non au favoritisme, non au racisme, non au tribalisme, le peuple est torturé,  le peuple est banni, honni, jeté en prison,  le peuple est humilié, tout cela sous la bienveillance éclairée de Monsieur Ghazouani. 

Monsieur Ghazouani, comment espérer une administration au service des mauritaniens, quand les administrateurs colons sont couverts par une justice complice et corrompue, alors que les citoyens sont laissés à eux mêmes sans défense aucune ? Comment espérer une administration de justice quand le policier enquêteur est le principal auteur des crimes et délits, quand le juge est le commanditaire, et l’administrateur le receleur ? 

Monsieur le Président, ressaisissez-vous, et surtout osez. Ce pays n’a pas besoin de changement, il a besoin de nettoyage. On ne change pas du jour au lendemain des esprits élevés et habitués au mensonge et à la tricherie. Il faut balayer, nettoyer les carcasses d’administrateurs et de juges, laver au karcher les pourritures de petits agents véreux et sans scrupules. Il faut un antiseptique fort pour nettoyer la plaie de ces petites bactéries qui pourrissent notre vie. Je dirai même plus, il faut  changer jusqu’aux stylos habitués a écrire du faux et des mensonges.  Il en va du salut de la Mauritanie.

Amadou Alpha Ba