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Mauritanie : Les femmes entrepreneures dénoncent leur exclusion du Patronat!

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Mauritanie : Les femmes entrepreneures dénoncent leur exclusion du Patronat!

L’Union Mauritanienne des Femmes Entrepreneurs et Commerçantes (UMAFEC) vient de dénoncer avec force, par voie de communiqué signé par sa présidente, Mme Lemmatt Mint Mogueya, l’exclusion des femmes d’affaires mauritaniennes de l’Union Nationale du Patronat Mauritanien (UNEM).

Une dénonciation qui vient à point nommé, étant donné que la femme mauritanienne poursuit depuis hier, la célébration en grandes pompes de la journée internationale de la femme, marquée par une apologie officielle à grande échelle des présumés acquis réalisés au cours de ces deux premières années du mandat du Président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani au profit de la junte féminine.

Avec cette cinglante déclaration, qui met à nu l’antiféminisme entrepreneurial du Patronat mauritanien, force est de constater que la femme mauritanienne continue d’être victime de cette mentalité tenant à ce qu’elle reste exclue, parallèlement à une surmédiatisation de sa promotion et de son épanouissement.

Dans son virulent communiqué dont l’intégralité peut être consultée ci-dessous, l’UMAFEC, proteste vigoureusement contre ce qu’elle appelle des velléités fortement empreintes d’hypocrisie et de cynisme, qui se sont clairement révélées dans de multiples agissements du Patronat mauritanien dont “le refus des responsables de l’UNPM de toute concertation avec les femmes dans la préparation du congrès constitutif de la nouvelle fédération, pourtant dite des femmes”.

Ci-après le communiqué de l’UMAFEC:

Suite à la formation en janvier dernier d’un bureau exécutif de l’Union Nationale du Patronat Mauritanien (UNPM) excluant totalement les femmes, et à la vague d’indignation soulevée par ce scandaleux déni d’existence de plus de la moitié de notre population, certains dirigeants de l’UNPM ont pris la décision de créer une fédération dite des femmes, et de la coopter à la confédération générale.

Sensée réparer une grave injustice et une atteinte manifeste tant à la lettre qu’à l’esprit des lois en vigueur, et notamment de la loi fondamentale, ainsi qu’à nos traditions d’équité, de tolérance et de respect des femmes, la décision était, en principe, la bienvenue. Mais force à été de constater dès sa présentation qu’elle était entachée de nombreux vices quasiment rédhibitoires.

En premier lieu, elle a été prise sans la moindre concertation avec les femmes qui sont, on l’a peut-être oublié, les premières concernées. En second lieu, la décision s’est basée sur une conception organisationnelle à l’évidence erronée et inusitée.

Il est en effet inhabituel et illogique de fonder la distinction entre les regroupements à caractère syndical ou corporatiste sur d’autres critères que ceux relatifs aux domaines d’activités et aux identités professionnelles.

Il est du reste facile de comprendre que les femmes et les hommes opérant dans le même secteur d’activités rencontrent les mêmes problèmes, font face aux mêmes difficultés et partagent les mêmes doléances, et que ces opérateurs ne connaissent pas nécessairement les réalités d’un autre secteur d’activités économiques.

Et si l’on allait au bout de la logique qui sous tend la décision prise par la Direction de l’UNPM, il s’en suivrait que nous aurions, par exemple, un syndicat des enseignants, un syndicat des médecins, un syndicat du personnel et employés de bureaux, un syndicat du personnel navigant aéronautique, un syndicat des avocats et…un syndicat des femmes !

Cependant, nonobstant les vices évidents dont est entachée ladite décision, les femmes l’ont acceptée et exprimé leur disponibilité à sa réalisation conjointement avec la direction du patronat, prouvant ainsi leur bonne volonté, leur esprit de responsabilités et leur souhait de faire prevaloir la recherche du consensus sur les attitudes conflictuelles qui ne servent ni le pays, ni les opérateurs économiques, ni le citoyen mauritanien.

C’est dans ces dispositions d’esprit que les femmes ont bien voulu collaborer avec la direction du patronat et qu’elles se sont engagées dans le processus de création e de gestion d’une fédération des femmes opérant dans les divers domaines économiques.

Mais combien a été grande leur déception quand il s’est avéré que la décision émanant de la direction de l’UNP n’était en réalité qu’un stratagème déloyal délibérément planifié pour atteindre un double objectif :

Il s’agissait de désamorcer à moindres frais pour eux la colère unanime provoquée par le déni d’existence des femmes mis en évidence lors de la constitution du nouveau bureau exécutif de l’organisation patronale.

Il s’agit egalement de renforcer les positions d’une coterie particulière au sein de l’UNMP par la cooptation d’une “fédération féminine” qu’ils n’imaginent pas pouvoir être autre chose qu’une simple marionnette entre leurs mains.

Ces velléités fortement empreintes d’hypocrisie et de cynisme, se sont clairement révélées dans de multiples agissements dont en particulier :

– Le refus par les responsables de L’UNPM de toute concertation avec les femmes dans la préparation du congrès constitutif de la nouvelle fédération, pourtant dite des femmes;

-L’entêtement des mêmes responsables dans leur refus de définir conjointement avec les femmes les modalités essentielles telles que les conditions d’adhésion, la composition des dossiers, la disponibilisation des moyens…

– L’apparition soudaine de “femmes d’affaires” totalement inconnues et leur aission à la fédération dans des conditions pour le moins douteuses;

– L’absence de contrôle et de de critères d’authentification des pièces du dossier, contrôle pourtant indispensable pour conjurer les velléités de complaisance et de fraude …

– La manipulation à volonté du calendrier initialement retenu, se manifestant dans le report injustifié de la date de tenue du congrès constitutif de la federation, ainsi que dans la prolongation tout aussi injustifiée des délais d’adhésion… C’est ainsi que la date butoir retenue pour la fin des adhésion, initialement fixée au 28 février 2022, a été curieusement reporter sans justification aucune.; et c’est ainsi que la date de tenue du congrès initialement ptevue pour les journees du 4 et du 5 février a été reportée dans les mêmes conditions d’opacité…

Ce sont là autant d’agissements qui violent ouvertement les lois et règlements en vigueur , sapent la confiance et ôtent toute légitimité et toute crédibilité à la prétendue fédération des femmes…

Face à ces manoeuvres et à ces ruses malsaines visant à annihiler la ferme et legitime volonté des femmes d’accéder effectivement à leurs droits et de contribuer pleinement à l’oeuvre collective d’edification nationale pour l’émergence d’une Mauritanie développée, juste et épanouie, nous, femmes organisées au sein de l’Union Mauritanienne des Femmes Chefs d’Entreprises et Commerçantes (Umafec): -Dénonçons les procédés et les manoeuvres par lesquels une coterie tente de nous exclure totalement, ou de nous transformer en poupées marionnettes;

– Exigeons une concertation réelle et transparente avec nous dans toutes les prises de mesures ou de décisions qui nous concernent, en particulier dans la création et la gestion de la fédération dite des femmes;

– Demissionnons individuellement et collectivement de toute structure ou candidature en rapport avec ladite fédération;

– Considerons nulles et non avenues toute mesure ou décision prise à notre nom et néanmoins à notre insu.

– Lançons un appel aux autorités nationales à tous les niveaux, pour qu’elles interviennent et mettent un terme aux dérapages et à l’arbitraire dont sont les victimes les femmes opératrices économiques, qui n’aspirent qu’à être utiles et à exercer leur métier dans la dignité et l’équité”

Pour l’UMAFEC
La Présidente
Lemmat Mint Megueya

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