Ndiorol, Mauritanie — Malgré son ouverture sur l’océan Atlantique, la Mauritanie, située à la croisée du Sahel et du Sahara, fait face à une réalité persistante : l’accès limité à l’eau potable. Selon les données disponibles, seulement six Mauritaniens sur dix bénéficient d’un approvisionnement régulier en eau, une situation encore plus préoccupante en milieu rural où près de 40 % de la population reste privée d’un accès sécurisé.
Dans ce pays marqué par l’aridité, les ressources hydriques sont rares et inégalement réparties, reposant principalement sur les nappes souterraines et le fleuve Sénégal. Dans ce contexte, l’accès à l’eau dépasse la simple question de confort : il s’agit d’un enjeu crucial pour la santé publique, la stabilité sociale et le développement économique.
Pour répondre à ces défis, le Groupe de la Banque africaine de développement, en partenariat avec le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), a lancé un ambitieux projet de renforcement de la résilience climatique dans le secteur de l’eau. Déployé dans le sud du pays, ce programme vise à adapter les infrastructures hydrauliques aux effets du changement climatique tout en soutenant les communautés locales.
Doté d’un financement de 6,35 millions de dollars, ce projet complète le Programme national intégré du secteur de l’eau en milieu rural. Il combine des actions d’adaptation environnementale — telles que la stabilisation des dunes, la protection des infrastructures et le reboisement — avec des initiatives économiques dans les domaines de l’agriculture, de la foresterie et de l’élevage.
À Ndiorol (dans le Brakna), les retombées sont déjà visibles. Un château d’eau a été construit, une prise d’eau installée dans le fleuve Sénégal, et une station de traitement mise en service. Plus de 60 ménages ont été raccordés au réseau, tandis que quatre points de distribution desservent également les localités voisines d’Aroua et de N’Diakré.
Particularité notable : le système fonctionne grâce à l’énergie solaire. Les panneaux installés permettent d’alimenter en continu les pompes submersibles, garantissant ainsi un approvisionnement fiable même en période de fortes chaleurs, tout en réduisant la dépendance aux énergies fossiles.
Au-delà de l’accès domestique, le projet a également renforcé les capacités de stockage d’eau pour les activités agricoles et pastorales. Quatre réseaux d’alimentation en eau potable ont été mis en place, ainsi que trois bassins de rétention, contribuant à sécuriser les moyens de subsistance des populations locales.
En misant sur des solutions durables et adaptées au contexte sahélien, cette initiative illustre une approche intégrée liant accès à l’eau, résilience climatique et développement local. Un modèle qui pourrait inspirer d’autres régions confrontées aux mêmes défis.


