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Manifestations en Iran : le tabou du hijab est tombé 

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Manifestations en Iran : le tabou du hijab est tombé

Un régime figé dans le temps, prêt à tout pour ramener sa population en arrière. 44 ans après son avènement, la République islamique d’Iran tremble pour un voile mal ajusté et la mort tragique d’une jeune femme de 22 ans. 

Le décès de Mahsa Amini après son arrestation par la police des moeurs, le 16 septembre, a déclenché une vague de manifestations dans une cinquantaine de villes iraniennes, en particulier dans l’est et le nord du pays.  

Les contestations ont atteint Téhéran, avec des images impressionnantes d’émeutes urbaines dans la capitale. “En 1981, quand le voile a été imposé aux femmes, de grandes manifestations se sont produites en Iran, plus massives qu’aujourd’hui, soulève Sanam Vakil, directrice du programme Moyen Orient à la Chatham House, à Londres. Mais les manifestations actuelles sont spontanées, non organisées, ce qui les rend vraiment uniques. Il s’agit d’un moment exceptionnel pour les femmes, qui peuvent montrer à quel point elles sont en désaccord avec l’état de la société et de leurs droits.” 

La révolte des femmes a de quoi inquiéter le pouvoir. Car le foulard est un symbole de son autorité et de sa vision de la société. L’arracher ou le brûler revient à dénoncer un machisme institutionnalisé, qui limite le plein épanouissement des femmes dans la vie publique. Cela signifie aussi un rejet du socle idéologique de l’État, qui tire sa légitimité de l’application de la loi religieuse, selon les canons de cette « république islamique ».

Les autorités avancent le chiffres de 17 morts, il pourrait être bien plus lourd. L’ONG Human Rights Watch parle de 31 décès, le Centre pour les droits humains en Iran (CHRI) basé à New York affirment lui que 36 personnes sont mortes depuis le début des manifestations. 

“Attendez-vous à ce que ce bilan monte. Les dirigeants internationaux doivent faire pression sur les responsables iraniens pour autoriser les manifestations sans recours à des armes létales”, a expliqué l’ONG sur Twitter.

Depuis deux jours les autorités ont coupé l’accès à Whatsapp et Instagram, les deux réseaux les plus populaires du pays, particulièrement utilisés par la jeunesse. Celle-là même qui est dans la rue.