Accueil MAURITANIE Mauritanie/UFP : “Le pays vit une période extrêmement difficile et potentiellement explosive”

Mauritanie/UFP : “Le pays vit une période extrêmement difficile et potentiellement explosive”

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Le parti Union des Forces pour le Progrès (UFP) a déclaré que la tendance à l’apaisement, poursuivie par le Président de la République, qui a suscité de grands espoirs dans un large éventail de la classe politique et de l’opinion publique, connaît une grave fissure qui peut miner la confiance dans l’instauration du dialogue national convenu par les pôles de l’arène politique et sociale.

Dans une déclaration le parti a confirmé que les avertissements et les plaintes venant de partout indiquent une détérioration constante des conditions de vie et de la réalité quotidienne de la population.

Voici le Texte intégrale de la déclaration

Les alertes et des plaintes venues de partout, préviennent d’une dégradation continue des conditions de vie et d’existence réelles des populations, dans un contexte de persistance de la pandémie et d’accroissement des risques de généralisation du chaos engendré par les guerres à nos frontières Est et Nord.

Nous devons tous prendre conscience de la gravité des périls sur la paix et la stabilité de notre pays. Le pays vit une période extrêmement difficile et potentiellement explosive.

Sur le plan économique et social, la crise est patente et se traduit par un effondrement du pouvoir d’achat non seulement des populations traditionnellement les plus vulnérables( les ouvriers, les paysans, les sans emplois… des secteurs formels et informels) mais aussi, de plus en plus massivement, les classes moyennes, dont le désarroi est immense.

Les prix des denrées de première nécessité ne cessent de flamber rendant de plus en plus inaccessibles les produits alimentaires , particulièrement à de larges couches de la population aux maigres revenus.

Le chômage frappe de plein fouet les forces vives du pays, les jeunes et les moins jeunes. Face à cette situation, les mesures prises par les pouvoirs publics restent insuffisants et sans réels effets sur les conditions de vie de la majorité.

L’absence de rupture visible et assumée avec la gestion désastreuse de la décennie écoulée aggrave la situation non seulement sur le plan économique mais aussi social et politique.

La gabegie persiste et même s’accentue dans certains secteurs. Des responsables de détournements de biens publiques sont reconduits dans de hautes fonctions Il est, par ailleurs, à craindre que la poursuite de la pratique et de mesures de discrimination exposent le pays à une grave crise identitaire et affectent gravement les rapports entre les communautés et groupes sociaux qui en sont les principales victimes -et l’État.

Au plan politique, l’esprit d’apaisement manifesté par le Président de la République et qui avait suscité beaucoup d’espoir au sein de la classe politique et dans l’opinion publique connaît de graves entorses qui risquent d’entamer la confiance dans le dialogue national convenu entre toutes les parties prenantes de la vie politique et sociale.

Ainsi en est-il de l’adoption récente de la loi dite sur les “symboles nationaux” dont le report, lors de la précédente session parlementaire, avait suscité l’espoir de l’adoption par les députés, d’une nouvelle loi, sur une base consensuelle.

Malheureusement, la majorité parlementaire a préféré rompre avec l’esprit de compromis qui régnait à l’Assemblée Nationale depuis l’adoption de la Commission d’enquête Parlementaire et la coopération face à la Covid-19. Le passage en force et l’esprit d’hégémonie de la part de la majorité à travers le vote de cette nouvelle loi potentiellement liberticide, mettent en danger la politique d’apaisement et pousse au retour à l’esprit de confrontation et de surenchère.

Tout le monde convient de l’urgence vitale d’une réforme de l’enseignement et, certes, le département concerné est dans son rôle de la préparer. Mais, il était de la responsabilité politique du gouvernement de veiller à l’agencement judicieux des événements nationaux et à ne pas mettre la charrue avant les bœufs. Aussi, les débats parfois débridés, suscités à l’occasion de cette concertation ont davantage contribué à augmenter les tensions dans le pays qu’à raffermir le climat d’apaisement nécessaire au dialogue national inclusif attendu.

Fort heureusement notre pays a tous les atouts pour surmonter ces problèmes et défis pour autant que les acteurs nationaux en aient la volonté politique et s’entendent sur les changements et réformes nécessaires.

Dans cet esprit, l’UFP demande:

– la prise de mesures plus efficaces pour améliorer les conditions de vie des populations mauritaniennes et pour faire face à l’impact prévisible de la sécheresse sur le monde rural et les perturbations des échanges internationaux. Cette amélioration est indissociable de la lutte contre la gabegie et une réelle mise en œuvre des recommandations du rapport de la commission d’enquête parlementaire;

– déplore le manque de vigilance et de réactivité des autorités face aux tensions sociales suscitées parfois par l’administration elle même ;

– demande au gouvernement de prendre toutes les dispositions pour mettre fin à toutes les provocations contre les populations, en particulier en rapport avec leurs droits civiques ( enrôlement) et fonciers ;

– appelle toute la classe politique, et en particulier la majorité, à prendre la mesure des défis auxquels le pays fait face, et à s’engager réellement dans la recherche du consensus national et pour créer les conditions nécessaires pour la réussite du dialogue national inclusif.

Nouakchott le. 13 /11/2021.

La Permanence de l’UFP