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Majorité présidentielle : quand le soutien devient opposition

by Rédaction
07/04/2026
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"En Mauritanie, le dialogue peut aider à dépasser la méfiance entre le pouvoir et l’opposition..."
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Étant profondément imprégné des dynamiques politiques en cours dans mon pays, et convaincu de la nécessité du dialogue national tel qu’initié par le Président de la République, force est de constater une réalité préoccupante : des forces, parfois insoupçonnées, se dressent délibérément contre cette opportunité historique offerte aux Mauritaniens de se parler, de se comprendre et, enfin, de dépasser les fractures liées à la cohésion nationale.

Il est particulièrement regrettable d’observer que certaines composantes, notamment au sein même de la majorité présidentielle, adoptent une posture de blocage. Ces attitudes, que l’on peut qualifier d’hostiles à l’apaisement social, donnent l’impression d’une volonté assumée de compromettre les efforts considérables déployés par le coordinateur du dialogue, Moussa Fall, ainsi que par l’ensemble des acteurs politiques et de la société civile engagés dans la recherche de solutions durables.

Je suis profondément surpris et déçu de cette soi-disant majorité, censée porter et défendre l’orientation impulsée au sommet de l’État, mais qui semble aujourd’hui s’en écarter au détriment de l’intérêt général.
Le blocage persistant du processus ne saurait plus être interprété comme une simple divergence conjoncturelle. Il révèle désormais une réalité plus profonde : l’existence, au sein de la majorité, de courants réfractaires à toute dynamique de compromis.

Pourtant, l’initiative de relance portée par le coordinateur du dialogue reposait sur une double légitimité incontestable : celle du Président de la République, initiateur du processus, et celle des différentes composantes de l’opposition démocratique. Une telle convergence aurait dû, en toute logique, ouvrir la voie à une désescalade et à une reprise effective des discussions.
Une frange de la majorité s’inscrit désormais en faux contre cette orientation, introduisant une rupture inédite dans la cohérence politique d’ensemble. Il ne s’agit plus ici d’un désaccord classique entre majorité et opposition, mais bien d’une contestation implicite d’une ligne validée au sommet de l’État.
Dès lors, une question essentielle s’impose : peut-on construire un dialogue crédible lorsque ceux qui sont censés en garantir la stabilité en fragilisent eux-mêmes les fondements ?

L’argument avancé , le refus d’un débat autour d’un hypothétique troisième mandat, apparaît de plus en plus comme un prétexte. Le Président de la République ayant lui-même levé toute ambiguïté à ce sujet, il devient difficile d’y voir le véritable nœud du blocage.
En réalité, les résistances observées traduisent une inquiétude plus structurelle : celle de voir rouvrir des dossiers sensibles mais fondamentaux pour l’équilibre national. Derrière le refus du compromis se profile une volonté de figer le débat politique, de contenir certaines revendications et d’éviter une remise à plat de questions cruciales telles que l’État de droit, la gouvernance électorale ou encore la cohésion sociale.

Ce positionnement n’est pas sans conséquences.
Il fragilise, d’une part, la portée de l’initiative présidentielle en introduisant une dissonance interne à la majorité. Il ralentit, d’autre part, un processus dont l’urgence est pourtant largement reconnue, dans un contexte régional et interne marqué par de multiples tensions.
Plus profondément, cette séquence met en lumière un déficit d’articulation du pouvoir politique. Entre l’impulsion donnée au sommet de l’État et les dynamiques propres aux différentes composantes de la majorité, un décalage s’installe , un décalage qui, s’il persiste, risque d’entamer la crédibilité du processus dans son ensemble.
Or, le dialogue national ne peut prospérer dans l’ambiguïté.
Il exige une volonté politique claire, une cohérence assumée et, surtout, une capacité réelle à faire du compromis non pas une faiblesse, mais un instrument de construction collective.
À défaut, il risque de se réduire à un exercice formel, sans portée réelle, nourrissant davantage la défiance que la convergence.
L’enjeu dépasse donc largement la conjoncture actuelle. Il interroge la capacité du système politique à produire du consensus à un moment où le pays en a un besoin vital.
Car, au fond, refuser le compromis aujourd’hui, c’est préparer les blocages de demain.
Demain fera jour.

Le 07 Avril 2026
Président Mamadou Moustapha Bâ

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