Recherché par la police mauritanienne avec son Camarade Activiste et rappeur le Thomas Sankara Diallo est réapparu dans une séquence vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Figure de proue des manifestations commémoratives du 28 novembre, le natif de Bababé la ville rebelle réclame inlassablement le règlement du passif humanitaire et l’instauration d’une véritable justice en Mauritanie.
Un exil forcé sous surveillance
Bien que sa localisation actuelle demeure inconnue, le leader d’opinion a confirmé qu’il se trouve hors du pays. Malgré cette absence physique qui dure depuis près de quatre mois, son domicile à Bababé fait l’objet de perquisitions fréquentes par les forces de l’ordre.
Dans cette nouvelle vidéo, l’artiste apparaît vêtu d’une veste longue noire et d’une casquette. Il a profité de cette prise de parole pour réaffirmer son engagement, martelant que ni la torture ni l’oppression ne sauraient entamer ses convictions : « Personne ne peut nous acheter », a-t-il déclaré.
Thomas Sankara Diallo a également pointé du doigt certains individus, qualifiés de complices ou de « wullu-meeɗaa », qui collaboreraient avec les autorités pour localiser son entourage et lui-même.
Revenant sur l’histoire récente du pays, il a rappelé le sort de nombreux militants anti-esclavagistes et de lutte contre l’exclusion, souvent victimes de violences policières. Selon lui, c’est ce climat d’« apartheid » et de favoritisme communautaire qui pousse une partie de la jeunesse mauritanienne à la résistance ou au désenchantement.
Critique de la tournée présidentielle au Gorgol
Le rappeur n’a pas ménagé le président de la République lors de son récent déplacement dans le Gorgol. Critiquant vivement l’accueil chaleureux réservé au chef de l’État, il a rappelé le traumatisme de la ville de Kaédi, où quatre jeunes ont perdu la vie, victimes de violences lors de la dernière période électorale.
« La population devrait exiger que justice soit rendue pour ses fils au lieu de célébrer cette visite », a-t-il fustigé.
Enfin, évoquant les cas des activistes Demba Sall et du Docteur Bâ, qui étaient détenus, Thomas Diallo a assuré que malgré les tentatives d’intimidation, son combat pour l’égalité citoyenne et la fin des discriminations se poursuivrait sans relâche.
JP


