Les terres de la vallée suscitent des appétits monstres. La Chine, grand pays de vertus, cherche à s’y faire une portion et elle a négocié, avec les autorités mauritaniennes un lot de terre d’une superficie de 2400 hectares, pour un bail de 25 ans, sur la plaine de Waalo Diane, dans le département de Mbagne, sis dans la région du Brakna.
Comme de tradition, cette cession, négociée en catimini et dans le mépris souverain des propriétaires desdites terres, entre, en droite ligne, dans une tradition d’expropriation, caractéristique de l’Etat mauritanien qui, sous le couvert d’une ambition d’autosuffisance alimentaire, vise plutôt à déposséder les légitimes propriétaires terriens du dernier atout de leur appartenance à un pays dont l’existence est plombée par de viles politiques chauvines.
Dans un passé récent, des tentatives similaires eurent lieu à Darel barka, à Koylal mais elles ne connurent pas le succès escompté par ses concepteurs. Une vaillante résistance des populations locales fit capoter cette énième ambition d’ exproprier des citoyens mauritaniens de leur legs ancestral.
Bien sûr, ces autorités ont bénéficié de l’appui d’ alliés locaux, mus par on ne sait quel intérêt , qui ont joué un funeste rôle dans ce bradage, avec l’onction de cadres du parti au pouvoir, connus pour leur opportunisme sans faille.
Avec le réchauffement de ce dossier nébuleux, une rencontre s’est tenue derechef a Dabbe et, au cours de celle-ci, les participants, dans une belle unanimité, ont fustigé les nouvelles initiatives visant à spolier les terres des paysans. Une délégation se trouve présentement dans la capitale mauritanienne pour rencontrer les autorités de tutelle, adresser une correspondance à l’ ambassadeur de Chine afin de mettre toutes ces parties face à leurs responsabilités.
Des tensions perceptibles couvent déjà et les populations, déterminées plus que jamais, sont prêtes à faire face à leur histoire.
Avant la venue de la délégation, précisément la veille, les cadres du parti au pouvoir, ressortissants du département de Mbagne, se sont réunis, en toute hâte, pour contrôler les émissaires des populations afin qu’ils ne contrarient pas leurs bas desseins politiques et leurs sulfureux plans de carrière. C’est le lieu de dénoncer des élites politiques vibrant toujours en opposition de phase avec les intérêts réels de leurs populations.
L’accord en question, est-il besoin de le rappeler, foule aux pieds de la nouvelle politique agricole déclinée, urbi orbi, à Darel barka, par l’ancien ministre Kane Ousmane qui évoquait alors une charpente assise sur le gagnant gagnant réunissant propriétaires terriens, bailleurs et État garant.
La mobilisation des populations Yirlaabe, expropriées de fait, est devenue une exigence qui s’offusque d’attendre.
En guise de rappel, il est bon de se souvenir du mémorandum sur le foncier paraphé par des milliers de propriétaires et transmis aux autorités, aux bailleurs de fonds et partenaires au développement de la Mauritanie. Cadre ne peut être plus efficient pour juguler une crise qui couve.
En dernière analyse, les populations, mobilisées pour leur survie, finissent toujours par vaincre l’imposture et ses valets.
Cherif Ba


