Blâmée par la commission d’enquête indépendante après les incendies successifs des postes électriques de Toujounine et Tevragh-Zeina en août 2026, la société de construction CTM brise le silence. Documents à l’appui, l’entreprise affirme avoir formellement alerté la Somelec près de dix mois avant le drame sur la vétusté et la dangerosité des installations existantes. Rejetant toute responsabilité technique, CTM dénonce une atteinte grave à sa réputation et menace de saisir la justice.
Des alertes ignorées dès 2025
Selon un communiqué officiel de CTM, le drame aurait pu être évité. À la suite d’inspections sur le terrain menées en octobre 2025, les ingénieurs du constructeur avaient consigné de graves manquements dans un rapport technique détaillé et photographié, transmis à la direction de la Somelec le 5 novembre 2025. CTM y signalait l’inaptitude des cellules électriques existantes à recevoir les nouveaux raccordements et avait même alerté sur la combustion instantanée d’un composant défaillant lors d’un essai préliminaire.
Une stricte conformité des câbles fournis
Face aux accusations, CTM rappelle que ses obligations contractuelles, signées en février 2025, se limitaient exclusivement à la fourniture et à la pose de câbles, excluant la maintenance des infrastructures existantes de la Somelec. L’entreprise précise que les câbles utilisés (provenant du fournisseur agréé Chancable) ont passé avec succès tous les contrôles de conformité en usine et sur le terrain en 2025 et 2026. Mieux encore, les expertises réalisées sur les jonctions après les incendies n’ont révélé aucun défaut matériel.
La bataille des responsabilités est lancée
Pour le constructeur, le résumé du rapport d’enquête souffre d’une faiblesse majeure : il admet ne pas pouvoir déterminer avec certitude l’origine exacte du sinistre ni le mécanisme de l’étincelle initiale. CTM exige donc que la commission d’enquête lie le partage des responsabilités aux obligations contractuelles de chaque partie et non à la simple localisation géographique du départ de feu. Déterminée à défendre son image de marque, la société se dit prête à porter l’affaire devant les tribunaux


