Nouakchott : À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars, l’organisation Femme et Résilience pour les Droits Humains en Mauritanie a publié une déclaration dans laquelle elle alerte sur la situation préoccupante des droits des femmes dans le pays. L’ONG estime que, malgré les discours officiels et les cérémonies organisées chaque année, de nombreuses femmes continuent de subir violences, discriminations et absence de protection effective.
Dans sa déclaration datée du 07 mars 2026, l’organisation souligne que les célébrations officielles ne doivent pas masquer la réalité vécue par les femmes et les filles en Mauritanie. Selon elle, les données disponibles montrent une situation alarmante qui nécessite des actions urgentes et concrètes.
L’ONG indique qu’environ 3,9 % des femmes déclarent avoir subi une violence sexuelle au cours des douze derniers mois en Mauritanie. Par ailleurs, près de 19 % des femmes âgées de 15 à 49 ans affirment avoir été victimes de violences physiques ou émotionnelles.
Chaque année, entre 300 et 500 cas de violences sexuelles contre les femmes et les filles sont signalés dans le pays, un chiffre que l’organisation considère comme largement sous-estimé. Elle souligne que le silence, la stigmatisation sociale et la peur de représailles empêchent de nombreuses victimes de dénoncer les faits.
La déclaration évoque également la question des mutilations génitales féminines, indiquant que plus de 63 % des femmes mauritaniennes en auraient été victimes, ce qui constitue, selon l’ONG, une violation grave des droits humains.
Face à cette situation, l’organisation appelle les institutions concernées à assumer pleinement leurs responsabilités. Elle cite notamment le ministère de l’Action sociale, de l’Enfance et de la Famille, dirigé par Savia Mint Tah, chargé de mettre en œuvre les politiques publiques de protection des femmes, des enfants et des familles. Selon l’ONG, les résultats obtenus sur le terrain restent cependant insuffisants face à l’ampleur des violences signalées.
La déclaration mentionne également le rôle attendu de l’Observatoire national des droits des femmes et des filles, présidé par Mahla Ahmedna, qui devrait, selon l’organisation, assurer une mission de veille, d’alerte et de défense des droits des femmes.
L’ONG estime que la Mauritanie ne peut se contenter de célébrations symboliques lors du 8 mars alors que persistent les violences sexuelles, les discriminations et l’impunité. Elle appelle à la mise en œuvre de mesures concrètes, notamment une protection effective des victimes, un accès réel à la justice et la fin de l’impunité pour les auteurs de violences.
« Les femmes mauritaniennes n’ont pas besoin de discours, mais d’actions réelles », souligne l’organisation dans sa déclaration.
En conclusion, Seniya Yarah Allah, présidente de l’ONG Femme et Résilience pour les Droits Humains en Mauritanie, rappelle que la défense des droits des femmes doit être un engagement permanent pour la dignité, la justice et l’égalité dans le pays, et non un simple slogan associé à la célébration annuelle du 8 mars.


