Aujourd’hui les nouvelles taxes qui frappent les citoyens ne sont pas tombées du ciel. Elles ont été proposées par le pouvoir et votées docilement par la majorité parlementaire, notamment les députés du parti Parti INSAF, lors de l’adoption de la loi de finances 2026.
Autrement dit, ceux qui prétendent représenter le peuple ont levé la main pour alourdir le fardeau de ce même peuple.
Mais il faut avoir le courage de dire la vérité, la responsabilité n’est pas uniquement au sommet de l’État.
Elle se trouve aussi dans les urnes.
Depuis trop longtemps, le vote est transformé en marché.
On échange la souveraineté populaire contre un sac de riz, un bidon d’huile, quelques billets froissés.
On vote pour un cousin, un voisin, un membre de la tribu ou de la région, et non pour un projet, une vision ou une compétence.
On récolte alors une Assemblée nationale où la majorité des députés ne défend ni l’intérêt général ni la dignité du citoyen, mais plutôt les intérêts du pouvoir et leurs propres privilèges.
Les électeurs qui votent avec conscience et exigence sont encore trop peu nombreux.
Ils n’ont réussi à envoyer à l’Assemblée qu’une minorité d’environ 27 députés, noyés dans une majorité disciplinée dont la fonction principale semble être d’approuver tout ce que l’exécutif décide.
Dans ces conditions, il ne faut pas se faire d’illusions :
toute loi présentée par le pouvoir passera.
Non pas parce qu’elle est juste ou bénéfique au pays, mais parce que la majorité parlementaire agit comme une chambre d’enregistrement plutôt que comme un contre pouvoir.
Alors il faut se poser une bonne question :Comment des représentants du peuple peuvent ils voter une loi de finances qui alourdit les taxes et accable davantage un citoyen déjà étouffé par le coût de la vie ?
La réponse est simple et douloureuse :
Parce qu’ils savent que la sanction électorale est faible. Très faible.
Khally Mamadou Diallo


