Un État digne de ce nom ne se contente pas de suggérer ou d’observer ,il agit avec une fermeté chirurgicale, surtout quand l’urgence nationale frappe à la porte. Pourtant, face aux répercussions inévitables de la guerre au Moyen Orient, notre pays semble s’enfoncer dans une léthargie coupable. Nous savons tous que notre dépendance critique aux importations couplée à des capacités de stockage de carburant frisant le dérisoire, nous place en première ligne d’une catastrophe annoncée.
Pendant que les chantiers d’extension s’embourbent dans des retards interminables sans que jamais le moindre constructeur ne soit inquiété, le gouvernement demeure un spectateur passif.
À ce stade, peut-on encore parler de simple faute politique, ou doit-on admettre que cette inaction est devenue une menace directe pour la stabilité de la nation ?
D’ailleurs, lorsqu’un gouvernement s’avère incapable de contrôler ne serait ce que l’usage de ses propres véhicules, peut-il décemment prétendre gérer une crise d’envergure nationale, ou est ce là lui demander un effort d’imagination trop intense ?
C’est impératif que le pouvoir sorte de son incapacité chronique pour prendre une décision élémentaire et urgente : l’arrêt immédiat de la circulation des véhicules de service après les heures de travail.
Que ce soit à la SNIM ou au sein de n’importe quelle institution publique, le spectacle de voitures de fonction défilant inutilement aux frais du contribuable en dehors des horaires officiels est une insulte à la rigueur budgétaire.
On se demande d’ailleurs combien de millions de litres de carburant devront encore être évaporés dans des balades nocturnes avant qu’une décision aussi aveuglante d’évidence ne traverse l’esprit de nos décideurs.
Est ce trop demander que de mettre fin à cette pratique scandaleuse que nous dénonçons depuis des lustres, ou faut-il attendre que les réservoirs soient désespérément vides pour convoquer d’énièmes » commissions de réflexion » ?
Le laxisme ambiant soulève une question de fond : quand les chantiers stratégiques traînent indéfiniment sans sanctions, s’agit-il d’une incompétence pure et simple ou d’une forme de complicité feutrée ?
Nous interpellons directement le Président de la République pour que son Premier Ministre signe et applique cette restriction sans plus attendre.
Si le conflit actuel s’enlise, la pénurie qui s’ensuivra ne sera pas une fatalité imprévisible, mais la conclusion logique d’une gouvernance qui préfère regarder ailleurs. Car au fond, si l’on ne peut pas arrêter un moteur de service après 17 heures, comment espérer arrêter l’effondrement d’une économie sous perfusion ?
Khally Mamadou Diallo
Le Députe du peuple


