À l’occasion de sa conférence de presse de présentation officielle, le Parti de la Renaissance pour le Vivre Ensemble (PAREN/VE) a effectué sa rentrée politique avec un discours placé sous le signe de la cohésion nationale, de la justice, du mérite et de la refondation de la République. Une entrée en scène qui se veut à la fois critique du système actuel et porteuse d’une nouvelle offre politique.
Le PAREN/VE veut désormais compter dans le paysage politique mauritanien. Pour sa rentrée politique, le parti a choisi de présenter une vision qui se veut résolument tournée vers le « vivre-ensemble », en plaçant la cohésion nationale au cœur de son projet.
Devant les représentants des partis politiques, de la société civile, des organisations professionnelles et syndicales, ainsi que des médias, le président du parti, Ba Mamadou Moustapha, a livré un discours aux accents fortement républicains, appelant à une « nouvelle espérance politique » pour la Mauritanie.
« Notre présence aujourd’hui n’est pas le fruit d’une ambition personnelle ni d’un calcul politique. Elle répond à une conviction profonde : la Mauritanie a besoin d’une nouvelle espérance politique. »
La cohésion nationale au cœur du projet
Pour le PAREN/VE, le principal défi auquel la Mauritanie est confrontée ne se limite pas aux questions économiques. Il réside également dans la fragilisation du lien de confiance entre les citoyens et les institutions.
Le parti dénonce ainsi la persistance de pratiques qu’il juge contraires à l’esprit républicain : tribalisme, régionalisme, clanisme, népotisme, clientélisme et personnalisation du pouvoir.
Dans son analyse, le PAREN/VE estime que ces phénomènes contribuent à affaiblir le sentiment d’appartenance à une même communauté nationale.
Le parti défend ainsi une conception de la citoyenneté dans laquelle l’origine, la région, la langue ou les appartenances particulières ne devraient jamais déterminer les chances d’un citoyen.
« Lorsqu’un citoyen pense que son avenir dépend davantage de son origine que de son mérite, c’est la République qui recule », affirme le président du parti.
Pour le PAREN/VE, la cohésion nationale ne doit donc pas rester un simple slogan politique. Elle constitue, selon le parti, la condition même de la stabilité, du développement et de la paix durable.
Vérité, justice et mémoire : le parti veut ouvrir le débat sur la réconciliation nationale
Dans la deuxième partie de son intervention, le président du PAREN/VE a placé la question de la réconciliation nationale au centre de son discours.
Le parti estime que la Mauritanie doit regarder son histoire avec lucidité, non pas pour raviver les blessures ou désigner des responsables, mais pour tirer les leçons du passé.
Le PAREN/VE défend à ce titre une réconciliation fondée sur la vérité, la justice et la mémoire. Pour ses dirigeants, le silence ne suffit pas à guérir les blessures et l’oubli ne peut constituer le socle d’une confiance durable. Cette position traduit la volonté du nouveau parti de faire de la question de la cohésion nationale un axe majeur du débat politique.
« La Mauritanie est à la croisée des chemins »
Le PAREN/VE refuse également les deux extrêmes : le dénigrement systématique du pays et l’autosatisfaction.
Le parti revendique une approche qu’il présente comme lucide et responsable.
Selon son analyse, la Mauritanie dispose d’importantes ressources humaines et naturelles, mais peine encore à transformer pleinement ces atouts en une prospérité partagée. Pour le PAREN/VE, le problème est donc également institutionnel, politique et moral.
Le parti appelle notamment à renforcer l’égalité devant la loi, la transparence, la compétence et la responsabilité dans la gestion publique. Ba Mamadou Moustapha résume cette vision en une formule : « Le premier capital d’une Nation n’est ni son sous-sol, ni ses ressources halieutiques, ni son potentiel énergétique. Son premier capital est la confiance de son peuple. »
Une opposition qui veut proposer plutôt que simplement contester
Pourquoi un nouveau parti politique ? Le PAREN/VE répond à cette question en revendiquant une nouvelle manière de faire de la politique. Le parti affirme vouloir se positionner comme une opposition responsable, exigeante et force de propositions, refusant aussi bien l’immobilisme que la confrontation permanente. Pour ses dirigeants, être dans l’opposition ne signifie pas « s’opposer à tout », mais contrôler l’action publique, défendre les citoyens et proposer des alternatives.
Le parti entend également renouer avec les citoyens en allant à leur rencontre dans les différentes wilayas, communes, quartiers et villages du pays. « Nous voulons construire notre action avec les citoyens, et non à leur place », insiste le président du PAREN/VE.
Dix engagements pour une « refondation républicaine »
Pour donner une traduction concrète à son discours, le PAREN/VE a présenté dix axes d’engagement.
Parmi les priorités annoncées figurent notamment :
- la restauration de la confiance entre l’État et les citoyens ;
- la priorité accordée à la jeunesse ;
- la création d’une économie génératrice d’emplois ;
- la refondation du système éducatif ;
- l’accès équitable aux soins ;
- une meilleure gestion des ressources nationales ;
- le renforcement de la cohésion nationale ;
- la consolidation de la démocratie et des libertés publiques ;
- l’anticipation des défis liés au numérique, à l’intelligence artificielle et au changement climatique ;
- et enfin, la restauration de l’éthique dans la vie publique.
Le parti présente ces engagements comme les bases d’un « pacte moral » avec les Mauritaniens, tout en précisant qu’ils ne constituent pas un programme figé.
« Nous ne voulons pas seulement gagner des élections »
Au-delà des échéances électorales, le PAREN/VE entend inscrire son action dans une perspective de transformation de la vie publique. Le parti affirme ne pas vouloir faire de la conquête du pouvoir une fin en soi. « Notre ambition n’est pas de conquérir le pouvoir pour le pouvoir. Notre ambition est de servir la Mauritanie », a déclaré son président.
Le message final se veut rassembleur : remettre la République au centre, faire primer le mérite sur les privilèges, la compétence sur le favoritisme, la citoyenneté sur le tribalisme et le dialogue sur la confrontation.
Une nouvelle voix dans le paysage politique mauritanien ?
Avec cette rentrée politique, le PAREN/VE cherche clairement à installer son identité dans le débat national. Son discours combine critique des pratiques politiques existantes, défense de la cohésion nationale, appel à la réconciliation et promesse d’une gouvernance fondée sur le mérite et la compétence.
Reste désormais au parti à transformer cette vision en une organisation politique durable, en propositions détaillées et surtout en capacité de mobilisation sur le terrain.
Car au-delà des déclarations, le véritable défi commence maintenant : convaincre les Mauritaniens que cette « nouvelle espérance politique » peut devenir une alternative crédible.
Le PAREN/VE a lancé son message. La bataille pour convaincre, elle, ne fait que commencer.




