Dans un communiqué publié jeudi, la coalition de l’opposition démocratique a fermement condamné les campagnes menées par le parti au pouvoir en faveur d’un nouveau mandat présidentiel. Dénonçant une restriction des libertés et l’arrestation de figures politiques comme Lebatt Ould El-Maayouf, elle conditionne le succès du futur dialogue national à un retour au strict respect de la Constitution.
La coalition d’opposition démocratique a exigé la fin des appels à un troisième mandat présidentiel et la libération des détenus qu’elle qualifie de « prisonniers politiques », dénonçant ce qu’elle considère comme une restriction croissante des libertés fondamentales.
Des responsables du Parti El Insafau pouvoir, et plusieurs autorités locales, ont ouvertement plaidé en faveur d’un troisième mandat présidentiel, a déclaré la coalition hier jeudi dans un communiqué, qualifiant ces appels de violation des dispositions constitutionnelles relatives à la limitation du nombre de mandats.
Toute tentative de modifier ou de contourner ces dispositions porte, selon ses termes, «atteinte à l’essence même de la Constitution et au principe de la transition pacifique du pouvoir », mettant en garde contre les répercussions que cela aurait sur la stabilité politique et institutionnelle.
La coalition a établi un lien entre ces appels et les préparatifs du prochain dialogue national, affirmant qu’ils soulèvent des questions quant à son « sérieux et sa crédibilité ».
Concernant l’opposition, la déclaration a dénoncé ce qu’elle a qualifié d’escalade des poursuites judiciaires et des arrestations visant des militants et des dirigeants de l’opposition, dont Lebatt Ould El-Maayouf, figure de proue du parti « Mauritanie en Avant ».
La coalition a considéré ces mesures comme une atteinte aux libertés fondamentales et aux principes de l’État de droit, notamment à la liberté d’expression, à la présomption d’innocence et aux garanties d’un procès équitable.
Elle a également remis en question l’étendue de l’égalité devant la loi, constatant que les appels à un troisième mandat, et les responsabilités juridiques et constitutionnelles qu’ils pourraient impliquer, ne font l’objet d’aucune mesure similaire.
La coalition a exigé la fin de la campagne en faveur d’un troisième mandat, le respect des dispositions de la Constitution, la libération de tous les prisonniers politiques, la levée des restrictions aux libertés et des garanties d’indépendance et d’impartialité du pouvoir judiciaire.
Elle a mis en garde contre toute instrumentalisation du dialogue national visant à imposer des options contraires à la Constitution ou à en contourner les dispositions, réaffirmant son engagement à s’opposer, par des moyens légaux et pacifiques, à toute atteinte à l’ordre constitutionnel, aux fondements de la République et à l’État de droit.
Le succès du dialogue national attendu dépend, selon elle, de l’instauration d’un climat politique serein et sain, fondé sur la confiance et la réassurance, et dans lequel les libertés sont respectées.


