La publication du procès-verbal de la réunion d’évaluation du 22 février 2026 relance le débat sur la gestion financière et organisationnelle des accueils réservés au Président de la République, Mohamed Cheikh El Ghazouani, lors de ses déplacements à Kaédi et à Lexeiba.
Réunis pour examiner les aspects politiques et financiers de l’événement, les cadres du département ont validé un rapport présenté par la commission de gestion présidée par le député Mohamed Abdallahi Mamoudou Kane.
Selon le document officiel , les recettes enregistrées s’élèvent à 1 516 000 MRU, tandis que les dépenses atteignent 1 392 760 MRU, laissant apparaître un solde positif de 123 240 MRU, auquel s’ajoutent 47 500 MRU en attente de restitution, soit un avoir potentiel de 170 740 MRU.
Cependant, un point suscite des interrogations : la contribution de 200 000 MRU annoncée par la Coordination Régionale par l’intermédiaire du ministre Tidjane Thiam n’a pas été encaissée par la commission. Il a été décidé d’imputer cette somme sur la contribution départementale du ministre, ramenée à 300 000 MRU.
Si le procès-verbal précise que cette décision a été prise à l’unanimité, l’absence d’encaissement effectif de la somme alimente les questionnements au sein de l’opinion locale.
47 500 MRU toujours en attente
Autre élément notable : un montant de 47 500 MRU, initialement destiné à la commission des transports, doit être reversé à la commission des finances après réajustement. Une correspondance aurait été adressée au maire de Lexeiba pour procéder au reversement.
À ce stade, le document ne précise pas si la restitution a été effectivement réalisée.
Au-delà des finances, le procès-verbal mentionne des réserves concernant l’organisation de la réunion nocturne du 11 février. Des cadres regrettent de ne pas avoir été pleinement associés au choix des intervenants devant le Président. Certaines communes avaient désigné des porte-parole qui n’auraient finalement pas été retenus.
Ce manque de concertation nourrit un sentiment d’exclusion chez une partie des acteurs politiques locaux.
Une jeunesse vigilante
Dans le département de Lexeiba, plusieurs voix issues de la jeunesse dénoncent ce qu’elles qualifient de « mauvaise gestion répétée » lors d’activités officielles. Bien qu’aucune preuve formelle de détournement ne figure dans le document, elles réclament davantage de transparence, notamment sur les montants non encaissés et les sommes à restituer.
Pour nombre d’observateurs, la publication détaillée des justificatifs et la clarification des procédures pourraient contribuer à apaiser les tensions.
À Lexeiba, la réussite populaire de l’accueil présidentiel ne suffit plus : la transparence financière est désormais au cœur des attentes citoyennes.


