Le débat sur un éventuel troisième mandat en Mauritanie revient régulièrement sur le devant de la scène, alors même qu’aucune décision officielle ne confirme une volonté de modifier les règles constitutionnelles.
À l’approche de l’après-Ghazouani, cette question dépasse désormais la personne du président. Elle touche à la transition pacifique du pouvoir, au respect de la Constitution et à la capacité de la classe politique à préserver la stabilité institutionnelle.
Le président Mohamed Ould Cheikh Ghazouani aurait, selon certaines déclarations rapportées, affirmé ne pas souhaiter briguer un troisième mandat et n’avoir donné aucune instruction en ce sens. Malgré cela, le sujet continue d’alimenter les débats, notamment au sein de la majorité et de l’opposition.
Pour l’opposition, évoquer même l’hypothèse d’un troisième mandat constitue une source d’inquiétude et risque d’affaiblir la confiance dans les institutions. Du côté de la majorité, certains estiment au contraire que discuter d’une question constitutionnelle ne signifie pas nécessairement qu’un projet concret de modification est en préparation.
Entre ces deux positions demeure une importante zone d’incertitude. Le véritable enjeu pourrait alors être moins l’existence d’un projet de troisième mandat que les conséquences politiques du simple fait d’en parler.
Dans ce contexte, la Mauritanie est confrontée à une question fondamentale : la classe politique saura-t-elle préparer sereinement l’après-Ghazouani et garantir une transition conforme à la Constitution ?
Au-delà du débat sur un éventuel troisième mandat, l’enjeu principal reste la consolidation des institutions et le respect des règles qui encadrent l’alternance au pouvoir.


