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Le fossé entre les communautés en Mauritanie : fracture historique ou choix politique ?

by Moudo Dieng
05/05/2025
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Le fossé entre les communautés en Mauritanie : fracture historique ou choix politique ?
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La Mauritanie, carrefour entre le Maghreb et l’Afrique subsaharienne, vit depuis son indépendance avec une réalité qui la ronge : la profonde division entre ses différentes communautés. Maures blancs (ou « Beydanes »), Haratines, Afro-Mauritaniens (Peuls, Soninkés, Wolofs) — autant de groupes qui coexistent, mais rarement dans l’égalité ou la confiance.

Pourquoi ce fossé ? Il est à la fois hérité, entretenu, et parfois cyniquement exploité.

Historiquement, l’esclavage, aboli sur le papier mais dont les séquelles sociales sont encore vives, a établi une hiérarchie durable entre communautés. Les Haratines, souvent anciens esclaves ou leurs descendants, restent marginalisés économiquement. Les Afro-Mauritaniens, pour leur part, ont subi dans les années 1966 -1990 des politiques de répression, d’arabisation forcée, d’expropriations et même des expulsions vers le Sénégal et le Mali. Ces blessures restent ouvertes.

Politiquement, le pouvoir a longtemps été monopolisé par une élite issue d’une seule communauté, utilisant la division comme un outil. À défaut d’un projet national inclusif, on a préféré instrumentaliser les peurs identitaires.

Socialement, le cloisonnement est renforcé par une école publique défaillante, des médias communautaristes, une justice perçue comme inégale et l’absence de réelle politique de reconnaissance des cultures et langues autres qu’arabes.

Mais il serait trop facile de blâmer uniquement l’histoire. Ce fossé perdure aussi parce que l’État, les intellectuels, les partis et même parfois les citoyens choisissent l’évitement plutôt que la confrontation des vérités. La paix sociale ne peut reposer éternellement sur le silence ou la peur de l’autre.

Briser le mur, c’est d’abord reconnaître qu’il existe.

Et vous, pensez-vous que la société mauritanienne est prête à affronter ses propres contradictions ?

La rédaction

Tags: Dialogue
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