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La récente consigne attribuée au parti au pouvoir, Insaf…soulève une profonde inquiétude

by Rédaction
31/03/2026
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Ba Mamadou Moustapha
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La récente consigne attribuée au parti au pouvoir, Insaf, demandant à ses militants de ne parrainer aucun parti politique en quête de reconnaissance, soulève une profonde inquiétude quant à la cohérence et à la sincérité de l’engagement démocratique affiché.

D’abord, il y a là un paradoxe politique manifeste. Comment comprendre qu’un même parti, par l’intermédiaire de ses maires et conseillers municipaux, participe activement au parrainage de candidats lors des élections présidentielles, tout en interdisant à ses militants de soutenir l’émergence de nouveaux partis ? Cette dualité révèle une conception sélective du parrainage : toléré lorsqu’il sert des intérêts stratégiques immédiats, mais proscrit lorsqu’il pourrait favoriser un élargissement du champ politique. Une telle posture fragilise la crédibilité du discours institutionnel et installe un doute légitime sur l’équité des règles du jeu.

Ensuite, cette directive traduit une volonté implicite de verrouillage du pluralisme. Le mécanisme de parrainage, censé réguler sans exclure, est ici détourné de sa finalité pour devenir un instrument de contrôle politique. En empêchant ses propres militants de parrainer d’autres formations, le parti au pouvoir ne se contente pas d’imposer une discipline interne ; il interfère indirectement dans la capacité d’organisation de potentiels concurrents. Cela revient à restreindre l’espace démocratique tout en maintenant l’apparence de sa régulation.

Plus préoccupant encore, cette logique ne semble pas être l’apanage du seul parti au pouvoir. D’autres partis politiques, y compris au sein de l’opposition, bien qu’ils ne se soient pas exprimés à travers des communiqués officiels à l’image de Insaf, auraient également engagé, de manière plus discrète, des campagnes de sensibilisation auprès de leurs militants, les incitant à ne pas parrainer les partis en quête de reconnaissance. Ce paradoxe inédit révèle une convergence tacite de pratiques restrictives, au-delà des clivages politiques affichés, et interroge sur la sincérité collective de l’engagement en faveur du pluralisme.

Plus profondément, cette situation met en lumière une confusion préoccupante entre loyauté partisane et liberté citoyenne. Le parrainage ne saurait être réduit à un acte de fidélité politique. Il relève avant tout d’un droit individuel, d’une expression libre de participation à la vie publique. En le soumettant à une logique de contrôle partisan, on porte atteinte à l’autonomie politique des citoyens, y compris de ceux qui militent au sein du parti.
Enfin, ce double discours illustre une dérive plus large : celle d’une démocratie à géométrie variable, où les principes sont appliqués selon leur utilité politique du moment. Autoriser le parrainage lorsqu’il consolide le pouvoir, mais le restreindre lorsqu’il pourrait favoriser l’émergence d’alternatives, revient à instrumentaliser les règles démocratiques plutôt qu’à les respecter.

Une démocratie ne se mesure pas à la capacité d’un parti à se maintenir, mais à celle qu’elle offre à ses oppositions d’exister et de se structurer librement. En ce sens, la position actuelle de Insaf apparaît non seulement contradictoire, mais également symptomatique d’un recul préoccupant des pratiques démocratiques.

Le 31 mars 2026
Président Mamadou Moustapha Bâ

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Tags: Insafmamadou moustapha baPAREN VE
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