L’inauguration de l’arène de lutte dédiée à Diyam Djerie Camara devait être un moment de recueillement, de reconnaissance et de valorisation de notre patrimoine sportif et culturel. Cette cérémonie aurait dû être consacrée exclusivement à la mémoire d’une grande figure de la lutte nationale.
Nous regrettons que le parti au pouvoir, El Insaf, ait transformé cette cérémonie en une manifestation politique de célébration du président de la République, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, au détriment de l’hommage qui devait être rendu à Diyam Djerie Camara.
Cette célébration intervient dans un contexte particulièrement douloureux pour les habitants de Kaédi. La ville reste profondément marquée par les événements survenus à la suite de l’élection présidentielle de 2024, au cours desquels cinq jeunes Kaédiens ont perdu la vie, selon les informations largement rapportées à l’époque. Parmi eux, le plus jeune était âgé de 12 ans et le plus âgé de 21 ans.
Dans un tel contexte, nous estimons qu’il aurait été plus approprié de privilégier le recueillement, la compassion et l’unité nationale plutôt que l’organisation d’une célébration politique. Les familles endeuillées méritent respect, écoute et considération.
Les symboles de notre nation, les lieux de mémoire et les hommages rendus à nos héros appartiennent à tous les Mauritaniens. Ils ne doivent pas être instrumentalisés à des fins partisanes.
J’appelle les autorités et l’ensemble des acteurs politiques à faire preuve de responsabilité, à respecter la mémoire de Diyam Djerie Camara et à ne jamais oublier les jeunes de Kaédi dont les familles continuent de porter le poids de cette tragédie.
Cherif Sanghott
Conseiller municipal de Kaédi
Sous les couleurs de l’AJD/MR


