Dans le cadre de mes activités humanitaires et en ce mois béni de Ramadan, j’ai sollicité une autorisation auprès des autorités pénitentiaires pour visiter le prisonnier Mohamed Ould Abdel Aziz, ancien Président de la République, aujourd’hui détenu.
Ma démarche visait à m’enquérir de son état de santé, suite aux déclarations répétées de ses avocats, et à vérifier les allégations de refus de visites qui circulent depuis plusieurs semaines.
Ces allégations se sont malheureusement confirmées.
En tant que député, j’ai adressé une demande de visite et me suis heurté à un refus.
Ce refus est inacceptable.
Même les personnes condamnées aux peines les plus lourdes conservent le droit de recevoir des visites, car ce droit est inhérent à la dignité humaine.
Il ne saurait être suspendu, ni faire l’objet d’une décision arbitraire, quelle que soit la nature des faits reprochés au détenu.
Mes positions politiques vis-à-vis de l’ancien régime sont publiques et constantes, je ne les renie pas.
Mais précisément parce que je crois en un État de droit, je refuse que mes convictions politiques déterminent la manière dont je traite la question des droits fondamentaux.
Un détenu reste un être humain, et à ce titre, il doit jouir de protections intangibles.
La Mauritanie est signataire de conventions internationales qui l’engagent clairement :
L’article 10 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques dispose que toute personne privée de liberté doit être traitée avec humanité et dans le respect de sa dignité.
Le maintien des liens familiaux et sociaux en est une composante essentielle.
La règle 58 des Règles Nelson Mandela précise que les détenus doivent pouvoir communiquer avec leur famille et leurs proches à intervalles réguliers, notamment par des visites.
L’article 17 du même Pacte protège contre toute ingérence arbitraire dans la vie familiale, ce qui inclut les restrictions abusives aux contacts avec les proches.
Refuser à un détenu de recevoir des condoléances en période de deuil n’est pas une mesure de sécurité ,c’est une forme de cruauté.
Dans notre culture, ces moments ont une valeur sacrée.
Les en priver revient à infliger une souffrance supplémentaire, délibérée et injustifiable.
Je veux également rappeler que des détenus membres de l’IRA font face aux mêmes restrictions.
Nous les dénonçons avec la même fermeté.
La défense des droits humains ne se négocie pas au cas par cas ,elle s’applique à tous, sans exception.
Je poursuivrai ce combat pour une justice digne et équitable.
Aucun Mauritanien, quel que soit son passé, ne devrait avoir à douter d’être traité avec impartialité, ni être privé de ses droits les plus élémentaires.
Khally Mamadou Diallo
Le Député du peuple


