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Avec deux négros à ses commandes, l’enseignement doit sortir de l’ornière !

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Avec deux négros à ses commandes, l’enseignement doit sortir de l’ornière !

Ils sont deux négromauritaniens à être investis pour réformer l’enseignement en Mauritanie. Une mission difficile mais non impossible, pour le ministre de l’éducation nationale et de la réforme du système éducatif (pour la seconde fois) Adama Bocar Soko et  pour son laborieux et consciencieux secrétaire général Aly Silly Soumaré.

Rappelé à la faveur du récent remaniement ministériel partiel pour piloter le Département, le ministre Soko, a donné d’emblée le mot d’ordre à la première occasion officielle offerte, hier samedi  10 septembre courant, au cours de la cérémonie de lancement d’une journée de concertation sur la préparation de l’ouverture de l’année scolaire 2022/2023.

« La priorité aujourd’hui est la préparation réussie d’une ouverture scolaire garantissant la réalisation des espoirs, à savoir, entre autres, rendre disponible un service d’enseignement de qualité pour tous les enfants », a-t-il affirmé, qualifiant la réforme du système pédagogique national et la mise en place de l’école souhaitée pour les futures générations de la priorité des priorités.

Avec deux négromauritaniens, l’enseignement doit incontestablement sortir de l’ornière, surtout, qu’il semble se libérer progressivement et discrètement pour ne pas dire politiquement, depuis l’arrivée au pouvoir du Président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, de l’arabisation à outrance.

C’est un constat réel, notamment au niveau de la haute administration du Département  qui s’est résolument lancée sur la piste des performances, avec l’arrivée de jeunes intellectuels déterminés à relever le défi posé par la médiocrité de l’éducation.

Le comeback de Soko vient également à point nommé pour débarrasser l’éducation d’un risque de politisation véritable, après la nomination de l’ex ministre Mohamed Melaïnine Ould Eyih à la tête d’Insaf, le parti au pouvoir, d’où les interférences fort possibles entre l’enseignement et le politique, dans un contexte préélectoral, où la concurrence loyale appelle à éviter de tels manipulations gouvernementales

Ould Eyih, dont le départ a suscité un grand Ouf de soulagement chez certains cercles politiques et communautaires hostiles à l’arabisation excessive et à la réservation d’une partie congrue de la réforme du système éducatif aux langues nationales,  pour se vaquer au sérieux défi posé par la réélection en 2024 de Ghazouani pour un second mandat présidentiel, est aussi, rappelle-t-on, le père spirituel de la loi controversée d’orientation sur l’éducation qui continue de susciter une vague d’indignation chez d’importants pans communautaires  du pays.

Même s’il n’a pas explicité une cure non expéditive mais constructive de l’arabe dans le système éducatif, le ministre Soko, en mettant en exergue l’unanimité des mauritaniens sur la nécessité de changer la réalité de l’enseignement vers un avenir meilleur pour contribuer à renforcer la cohésion nationale et pour que l’éducation serve de moyen permettant de doter le pays des compétences scientifiques dont il a besoin pour son développement, s’est relativement réservé de s’aligner totalement à cette ferme volonté politique officielle, surtout législative et gouvernementale d’imposer l’arabe.

Rendant un hommage mesuré et non déclaré à son prédécesseur, en lui prêtant des avancées louables, dont la mise en place d’une feuille de route pour la réforme, l’organisation d’une concertation élargie sur les problématiques de l’enseignement et la promulgation d’une loi d’orientation du système pédagogique, le ministre Soko a toutefois, souligné sans en révéler l’identité, l’existence d’une pièce manquante.

« Une étape décisive de ce processus continue de constituer un grand défi devant être relevé, grâce au sérieux et au sacrifice, à savoir l’étape d’exécution », a-t-il dit.

Ce qui signifie une mise en œuvre dont le succès impose l’adaptation aux exigences communautaires futures et mêmes aux pressions politiques contraignantes, lesquelles pourraient expliquer ce retour salvateur de Soko à la case de départ,  pour parer à l’éruption  volcanique de l’ire populaire farouchement opposée à l’exclusion des langues nationales et donc au risque d’une vote sanction massif et autoentretenu à l’horizon fatidique de 2024 pour un second mandat.

Toutefois, le défi pour les deux négrosmauritaniens dont les compétences, le sérieux et l’engagement ne font l’objet d’aucun doute leur impose d’opérer un lavage objectif et équitable de l’amont en aval du département, notamment en se libérant des arabisants et des intégristes en trois pièces, pour que le chantier soit lancé sur des bases saines et s’engager résolument sur la voie de la performance.

Le cas échant, leur volonté réformatrice de l’éducation restera un vain mot.

A bon entendeur salut.