La coalition de l’opposition mauritanienne « Forces du Salut » dénonce une dérive autoritaire du pouvoir exécutif. Dans un communiqué publié récemment, le collectif fustige la gestion de l’affaire des « blogueurs de l’étranger » et la destitution controversée des députées Mariem Cheikh Dieng et Ghamou Achour Salem de l’Assemblée nationale.
L’affaire des blogueurs : l’opposition rejette la « responsabilité familiale »
La coalition exprime son rejet catégorique d’une politique qu’elle qualifie de « deux poids, deux mesures ». Elle cible particulièrement l’arrestation de blogueurs ou de leurs proches résidant sur le territoire national. Tout en reconnaissant la nécessité de lutter contre les propos offensants, les Forces du Salut rappellent un principe juridique fondamental : la responsabilité pénale est strictement personnelle.
Pour l’opposition, l’État ne peut pas incriminer ou arrêter un citoyen sur la seule base de son lien de parenté avec un activiste basé à l’étranger, à moins de disposer de preuves judiciaires indépendantes et tangibles. Elle appelle ainsi au respect strict des garanties légales des détenus et refuse que les procédures pénales soient instrumentalisées comme des moyens de pression.
Destitution de députées : une « instrumentalisation politique » selon l’opposition
Le second volet de la déclaration concerne la déchéance du mandat parlementaire des députées de l’opposition Mariem Cheikh Dieng et Ghamou Achour Salem. La coalition condamne fermement cette décision, y voyant la marque d’ingérences directes du pouvoir exécutif.
Les Forces du Salut estiment que les motifs invoqués pour écarter ces élues ne devraient en aucun cas annuler le choix démocratique exprimé par les citoyens dans les urnes. En qualifiant cette destitution d’« exclusion politique d’adversaires », la coalition met en garde contre les répercussions de telles pratiques sur :
- Le pluralisme politique et la liberté d’expression.
- Le principe de la séparation des pouvoirs.
- L’indépendance et la crédibilité des institutions républicaines.
En conclusion, la coalition appelle au respect de l’État de droit et exige que les textes législatifs cessent d’être transformés en armes politiques pour imposer la volonté du régime en place


