À l’occasion du 65e anniversaire de l’accession de la Mauritanie à la souveraineté nationale, une partie de notre peuple porte encore dans sa mémoire les événements sombres du 28 novembre 1990. Cette veille du 30e anniversaire de l’indépendance, 28 militaires furent exécutés sommairement; un épisode tragique qui a durablement marqué l’histoire de notre nation.
À la mémoire de ces soldats, nous prions pour le repos éternel de leurs âmes. À leurs familles, nous réaffirmons notre solidarité inébranlable et notre engagement à poursuivre, avec elles, la quête de vérité et de justice. Au peuple mauritanien, nous lançons un appel à la résilience et à la mobilisation citoyenne pour que cette page douloureuse de notre histoire ne soit ni oubliée, ni répétée.
Comme trop souvent à l’approche du 28 novembre, nous apprenons l’arrestation de militants des droits humains, tandis que d’autres se retrouvent contraints à la clandestinité face à la traque sécuritaire. Ces pratiques contredisent ouvertement les engagements du Chef de l’État qui appelait, il y a quelques mois, à un dialogue national impliquant l’ensemble des forces vives du pays. Elles sont également en contradiction flagrante avec les récentes initiatives présidentielles liées au « passif humanitaire », terme qui désigne le génocide et les persécutions subies par les Mauritaniens noirs à la fin des années 80 et au début des années 90.
La pendaison des militaires noirs ne fut que l’aboutissement funeste d’une série d’événements tout aussi dramatiques. En 1989, au lendemain des tensions sénégalo-mauritaniennes, des milliers de Mauritaniens furent déportés vers le Sénégal et le Mali. Selon un rapport de l’IHRDA d’Avril 2007 , 371 villages furent vidés de leurs habitants, privés de leurs terres, de leurs biens, de leurs papiers d’identité par ceux-là mêmes qui avaient pour devoir de les protéger. Ces terres ont été attribuées à de nouveaux occupants, créant des conflits persistants dont les récents affrontements de Haayre Golleere sont une illustration criante.
Consciente des risques que fait peser le statu quo sur la cohésion nationale et la paix sociale, Mauritanian Network for Human Rights in the U.S. exige :
1-La libération immédiate et sans condition de tous les détenus arrêtés dans le contexte du 28 novembre.
2-La mise en œuvre concrète et urgente d’un dialogue national inclusif, conformément aux engagements du Président de la République.
3-La résolution définitive du passif humanitaire, à travers la création d’une Commission nationale indépendante “Vérité, Justice et Réconciliation”.
3-La fin de toutes formes de discrimination au sein de l’administration et des institutions publiques.
4-L’officialisation de toutes les langues nationales, ou l’adoption d’un système équitable garantissant qu’aucune composante ethnique ne soit privilégiée au détriment d’une autre.
5-La restitution des terres spoliées dans la vallée du fleuve Sénégal, accompagnée de mesures d’indemnisation pour les occupants installés depuis plus de trois décennies.
Que ce 28 novembre soit un jour de mémoire, mais aussi de sursaut. Un jour pour exiger la vérité, bâtir la justice et restaurer la dignité.
La Mauritanie ne pourra avancer que si elle guérit ses blessures.
Mauritanian Network for Human Rights in US
La Communication
Houston, le 28 Novembre 2025
www.mauritaniannetwork.org


















