Le projet de budget initial 2026 du Conseil régional du Guidimakha a été rejeté par une majorité de conseillers ce 20 novembre 2025, mettant en lumière un débat profond sur les priorités de développement dans cette région qui fait face à d’importants défis sociaux, éducatifs et environnementaux.
Selon plusieurs conseillers, le document présenté ne reflète pas les besoins les plus urgents de la population. Certains postes budgétaires, notamment liés à l’embellissement du siège du Conseil régional, à l’aménagement de ses abords ou encore à la création d’un site Internet institutionnel, sont jugés « non prioritaires » pour une région confrontée à des réalités beaucoup plus pressantes.
« Tout le monde connaît les difficultés du Guidimakha. L’embellissement du siège et la création du site web peuvent attendre. Il y a des urgences qui touchent directement la vie quotidienne des habitants », estime l’un des conseillers. Certains montants proposés laissent également penser, selon eux, à des risques de dérapage.
Face à cette situation et en tant qu’observateur concerné par le développement du Guidimakha, j’ai pensé à formuler un certain nombre de propositions pour recentrer le budget sur les besoins essentiels du territoire. Elles mettent l’accent sur l’éducation, la santé, l’agriculture, l’environnement et la jeunesse, considérés comme les leviers principaux du développement local.
Des besoins éducatifs cruciaux
La construction de nouvelles salles de classe dans les collèges et lycées doit être l’une des priorités du Guidimakha. Dans certaines localités, les effectifs dépassent les 100 élèves par salle, entraînant des conditions d’apprentissage difficiles et contribuant à l’échec scolaire.
Réduire la surpopulation scolaire est indispensable si l’on veut améliorer les résultats et réduire le décrochage.
Renforcer les infrastructures de santé
Les centres de santé doivent être équipés afin d’offrir des soins de meilleure qualité et de réduire les évacuations sanitaires coûteuses vers d’autres régions. L’objectif est de sécuriser la prise en charge médicale dans un territoire où l’accès aux soins reste inégal.
Soutenir l’agriculture, pilier économique du Guidimakha
Pour dynamiser l’économie locale, l’augmentation du nombre d’engins agricoles est indispensable. La modernisation des outils de production apparaît comme un levier pour améliorer les rendements, réduire la pénibilité du travail et stabiliser les revenus des familles rurales.
Par ailleurs, la construction de bassins de retenue d’eau de pluie s’impose afin de renforcer l’approvisionnement en eau, essentiel pour le maraîchage et l’agriculture pendant la saison sèche.
Un environnement à préserver
Le reboisement massif de la région est également important pour le Guidimakha. Cette politique permettrait de lutter contre la désertification, de protéger les terres agricoles et d’améliorer les conditions climatiques locales.
Jeunesse et cohésion sociale : investir dans le sport
La création de terrains de basket et d’espaces sportifs peut être mise en avant pour offrir aux jeunes (notamment les filles) des activités structurantes, réduire le vagabondage et canaliser l’énergie vers des pratiques positives.
Un dispositif local de lutte contre les feux de brousse
Autre suggestion : équiper les mairies de motos à trois pneus avec cuves d’eau, à l’image de la mairie de Diogountouro. Ce type d’équipement permet des interventions rapides et efficaces, limitant la propagation des feux de brousse et protégeant les terres.
Réduction de la fracture numérique
Enfin, la création d’une salle informatique moderne permettrait de proposer des initiations au numérique, des formations destinées aux jeunes en décrochage et un accompagnement des associations et coopératives. L’objectif est de faire du digital un outil de développement local.
Remettre le citoyen « Guidimakhanké » au centre
Pour moi, la question n’est pas d’être pour ou contre un camp, mais de défendre un principe simple : un budget public doit servir en priorité les citoyens, leurs besoins essentiels et l’avenir de la région.
Le Guidimakha a un potentiel immense. Mais ce potentiel ne pourra se réaliser que si nos choix politiques et budgétaires sont alignés avec les réalités du terrain : l’éducation, la santé, l’eau, l’agriculture, l’environnement et la jeunesse.
Ibrahima Samba DIOUM
Professeur d’économie-gestion


















