Son Excellence Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a présidé, le 29 décembre 2026, la session du conseil supérieur de la magistrature. Lors de la séance d’ouverture, son Excellence Président du Conseil Supérieur de la magistrature a affirmé que le pouvoir judicaire constitue un pilier fondamental pour consolider l’Etat de droit, garantir la stabilité et renforcer la confiance des institutions de l’Etat tout en soulignant que la réforme du système judicaire est « unepriorité nationale qui ne peut être reportée »
Toutefois, force est de constater que le système judiciaire mauritanien se trouve à la croisée des exigences de modernisation et des traditions locales, ce qui façonne chaque réforme et chaque décision quotidienne.
Ainsi vu sous l’angle philosophique le système judiciaire mauritanien, se prête à plusieurs lectures :
– Platon y voit la quête d’une justice idéale, où le Conseil supérieur de la magistrature serait le gardien des formes pures du droit, censé transcender les passions populaires.
– Aristote souligne la nécessité d’une justice distributive : les lois doivent être proportionnées aux mérites et aux besoins de chaque citoyen, un équilibre entre égalité formelle et équité concrète.
– Rousseau rappelle que la légitimité du juge découle de la volonté générale ; ainsi, la participation citoyenne aux réformes judiciaires devient essentielle.
– Foucault met en garde contre le pouvoir disciplinaire inhérent aux procédures : le langage juridique et les archives façonnent les comportements, d’où l’importance de la transparence.
En Mauritanie, ces courants s’entrecroisent et /ou s’entremêlent : le gouvernement cherche à concilier l’idéal platonicien d’une justice parfaite avec la réalité aristotélicienne d’une société diverse, tout en répondant aux exigences de souveraineté populaire et de contrôle du pouvoir. C’est ce dialogue constant entre théorie et pratique qui définit le droit au quotidien.
En bout de ligne, le système judiciaire mauritanien se trouve à la croisée d’une ambition réformatrice et d’une réalité sociopolitique complexe : il cherche à incarner les idéaux de justice, d’équité et de transparence tout en gérant les contraintes institutionnelles et les dynamiques de pouvoir. Cette tension permanente constitue à la fois son plus grand défi et son moteur d’évolution.
En somme, le système judicaire mauritanien se révèle être le pilier d’une société en quête de justice, d’équité et de progrès, et son évolution continue d’inspirer l’excellence nationale.
El Hacen Ibrahima KANE, sociologue
Fils ancien chef de canton de Tékane

















