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Sénégal : le virus du troisième mandat

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Dieu nous préserve de cette «épidémie» qui semble atteindre des responsables de l’Apr ! Il n’y a eu donc que 8 mois de période d’incubation pour voir les premiers symptômes d’un «waxeetnavirus».

Sory Kaba a été le point de départ de cette polémique autour d’un éventuel troisième mandat. Lui estimait que celui-ci est le dernier du chef de l’Etat. Il n’y a pas survécu. Tout comme Mous­tapha Diakhaté d’ailleurs. Depuis, les sanctions de Macky Sall avaient ralenti le virus. Tous, ou presque, ont vite mis des masques et des gants – d’autres des bâillons – pour ne pas s’exposer aux risques de sanctions.

Mais depuis quel­ques jours, il y a une résurgence de la maladie du 3ème mandat. Et la contamination va crescendo. C’est d’abord le secrétaire général de la présidence de la République qui, au-delà de s’interroger sur la pertinence de la limitation des mandats présidentiels, en fait presque la promotion.

Ensuite, c’est le ministre d’Etat et directeur des Structures de l’Apr qui, aujourd’hui, et seulement aujourd’hui, se rend compte que Macky Sall fait son premier mandat. Et, en substance, qu’il peut faire un autre. Un troisième. C’est le même Mbaye Ndiaye qui, contre vents et marées, jure encore que lui et Macky Sall n’ont jamais combattu Wade en 2012 pour avoir voulu faire un troisième mandat. Bon, tous les moyens de défense sont bons pour légitimer des volte-face.

Naturel­le­ment, tous devraient subir le même sort que Kaba et Diakhaté pour avoir eux aussi évoquer une question qui fâche autant qu’elle empêche le gouvernement de travailler, comme l’avait dit Macky Sall lors du Panel de la Ccr au King Fahd.


Boun Dionne et Mbaye Ndiaye ont-il le mandat de leur «patron» pour ainsi défendre de façon aussi circonstanciée la fin de la limitation des mandats ou la troisième candidature ? Et puis, dans un contexte de dialogue national et politique, de décrispation souhaitée de l’espace politique, défendre des thèses aussi loin du progrès et de l’éthique politiques ne fait que réveiller les vieux démons de la suspicion entre les acteurs. Surtout quand cela vient de personnes aussi proches du chef de l’Etat.

Si les concertations s’arrêtent là, il ne faut pas accuser l’opposition ou la société civile, mais bien la majorité, particulièrement le parti présidentiel qui ne rassure point. Macky Sall disait que ce débat sur un troisième mandat était celui de ses adversaires.

Mais là, c’est bien son camp l’épicentre de la question. Et puis, l’épidémie du troisième mandat est à nos portes. Et n’oublions pas que les caméras thermiques ont déjà détecté une fièvre chez les voisins ouest africains, comme chez Condé où il y a déjà des morts !

Hamath KANE – lequotidien

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