Le Premier ministre du Sénégal Ousmane Sonko a jugé hier jeudi 8 janvier courant, que l’importante dette du pays est « viable », excluant une seconde fois sa restructuration préconisée par des experts, alors que Dakar négocie un nouveau programme financier avec le Fonds monétaire international (FMI).
Le Sénégal est confronté à une situation économique préoccupante, avec un déficit budgétaire de près de 14% du PIB et une dette du secteur public et parapublic estimée provisoirement à 132% du PIB à fin 2024.
Les autorités au pouvoir depuis 2024 accusent le régime de l’ex-président Macky Sall (2012-2024) d’avoir dissimulé les vrais chiffres sur des indicateurs clefs comme la dette publique et le déficit budgétaire.
En conséquence, le FMI a suspendu son programme d’aide de 1,8 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros) conclu en 2023 en attendant d’avoir des réponses et des engagements des nouvelles autorités.
Après plusieurs visites du FMI au Sénégal pour examiner l’état des finances du pays, les deux parties ont entamé des négociations mi-octobre en vue d’un nouveau programme d’aide.
« Nous savons tous la situation dont nous avons héritée (et qui) nous a mis dans des difficultés (mais) c’est une situation qu’il faut gérer », a déclaré M. Sonko lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue mauritanien, Moctar Ould Diay, en visite au Sénégal.
« Nous avons travaillé à des solutions (et mis en œuvre) un plan de redressement qui va demander un certain nombre d’efforts et de sacrifices (des Sénégalais). Nous avons lancé un vaste programme de rationalisation des dépenses et recettes budgétaires », a-t-il dit.
Sonko considère que « tous les travaux réalisés nous permettent de voir ou d’entrevoir la possibilité de sortir de cette situation sans avoir besoin d’une restructuration » de la dette.
« Nous considérons que notre dette est viable. Nous nous débrouillons pour la rembourser depuis un an et demi. Jusqu’à présent, nous avons réussi à financer (le remboursement de) cette dette » avec des fonds levés « principalement sur le marché (financier) régional » ouest-africain, a indiqué M. Sonko.
« Nos projections de croissance et de recettes sont raisonnables. Nous ne pouvons comprendre qu’on veuille nous imposer une restructuration. La position officielle (du Sénégal) est qu’on ne veut pas de cette restructuration », a-t-il conclu, réitérant une position déjà exprimée début novembre.
M. Sonko avait alors estimé qu’une restructuration de la dette, suggérée par plusieurs experts locaux pour atténuer son poids sur les finances publiques, serait « une honte » pour le pays et équivaudrait à déclarer sa « faillite ».
Une restructuration vise à redonner de la marge budgétaire aux Etats via différentes approches : une pause dans les échéances, l’allongement du remboursement du prêt ou une annulation d’une partie des intérêts ou de la dette.















