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Sénégal: 26 ans après l’assassinat de maître Babacar Sèye, Qui sont les coupables?

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Ce mercredi 15 mai marque le 26e anniversaire de l’assassinat de Me Babacar Sèye, ancien vice-président du Conseil constitutionnel. Le magistrat a été tué, le 15 mai 1993, dans un contexte électoral tendu, au lendemain de la réélection très contestée d’Abdou Diouf.  

Ce crime n’a pas révélé tous ses secrets. Amadou Clédor Sène, Assane Diop et Pape Ibrahima Diakhaté ont été reconnus coupables de ce crime. Ils ont été condamnés à 18 et 20 ans de travaux forcés. Diop est décédé tandis que Sène et Diakhaté vaquent librement à leurs occupations. Pour leur part, les commanditaires courent toujours.

La démission du juge Kéba Mbaye va donc propulser Maitre Babacar Seye en tant que membre du Conseil constitutionnel. Après l’élection présidentielle de la même année, Maitre Wade et ses partisans n’étaient nullement satisfaits du travail du Conseil constitutionnel qui, selon eux, avait confisqué leur victoire. Cette tension post-présidentielle allait naturellement avoir des répercussions malheureuses sur les législatives.

Voilà pourquoi l’assassinat de Me Seye, ce 15 mai, est hautement politique. En plein jour, sur la Corniche Ouest, la voiture du Juge est criblée de balles par des assaillants sortis d’une voiture qui le suivait. Mortellement blessé, Maitre Seye va être transporté à l’hôpital principal mais va mourir à la suite de ses blessures. Ce meurtre de sang-froid continue de susciter beaucoup d’émotions. Même si des interpellations ont été faites et un jugement rendu après un procès, des zones d’ombre continuent de subsister.

Le 30 septembre 1994, Amadou Clédor Sène est condamné à 20 ans de travaux forcés tandis que ses co-accusés Assane Diop et Pape Ibrahima Diakhaté écopent 18 ans de travaux forcés. Cependant, ils ne purgeront pas toute leur peine puisqu’ils sont libérés 2 ans après la victoire de Wade., en 2002.

Le plus gros scandale révélateur de l’absence de volonté de faire toute la justice autour de cette affaire se trouve être le vote de la loi Ezzan. Adoptée par l’Assemblée nationale le 7 janvier 2005, cette loi amnistie tout simplement les auteurs de ce crime odieux.

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