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P-soul : « Je ne suis ni un guinéen encore moins un sénégalais je suis un Guinéegalais »

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Invité à la première édition de la nuit de la Guinée au Grand Théâtre de Dakar où l’icône de la musique pastorale de la Guinée Alphadio Dara s’est produit le 23 août dernier, P-SOUL nous a fait de grandes confidences. Dans lesquelles le rappeur évoqué ses souvenirs en Guinée.

Il est jeune, il est artiste, il est bayefall. L’édile de Yerakh, un quartier situé à quelques encablures de Hann Bel Air, est un paramédical. Plus précisément orthopédiste débute exactement sa carrière hip hop dans la banlieue guinéenne à Gbessia port1 en 1998. Sa singularité dans le rap galsen est que ses premiers lyrics saccadés ont été écrits dans la haute banlieue de la capitale guinéenne.

Très virulent il est l’un des rares rappeurs africains qui n’ont pas été piqués par le virus du Dancehall ou de l’Afrobeat nigérian  et très engagé dans le rap authentique Hard Corp, avec à son actif une maquette pleine de singles sortis les uns après les autres et qui attendent aujourd’hui encore un producteur ou un Label.

P-SOUL a eu à côtoyer de gros calibres du hip hop sénégalais en l’occurrence Gaston, Mario, Free Style Deep Killer.

P-SOUL

Il quittera le sol guinéen en 2000 pays où la cadette et le benjamin des Fall de Gbessia Port 1 ont vu le jour mais il rejoindra son Sénégal natal avec un tempérament bagarreur le propre des jeunes Conakrykas.

« Ma sœur cadette et le benjamin de ma mère sont tous les deux nés en Guinée où mon père avait été affecté comme agent dans l’une des premières sociétés d’assurance que la Guinée comptait sous le régime militaire de l’époque, c’était dans les années 90; et tout a pris fin en 2000 alors que faisais la 8 ème année ce qui correspond ici à 5 ème du Cours Moyen ( CM ), si mes souvenirs sont exacts », se rappelle Pape Sidy Fall.

Aujourd’hui notre interlocuteur garde encore des liens qui dépassent le cadre de la familiarité du quartier avec ses amis guinéens établis. D’ailleurs c’est un grand consommateurs des recettes gastronomiques guinéennes.

« Bon il faut souligner que dès mon retour au Dakar, j’étais un peu gêné mais je me suis vite retrouvé à Conakry vu la forte communauté guinéenne ici présente via elle, j’ai renoué avec le Mbourakhé, le Foutti, le Mafé, le Tô, etc.», poursuit-il.

P-SOUL se veut aujourd’hui le trait d’union entre les communautés de son pays natal et de sa seconde nation.

« Je pense que je ne suis ni guinéen encore moins sénégalais je suis plutôt un Guinéegalais si j’ose le dire ainsi », précise-t-il avec humour.

 

Ce panafricaniste convaincu estime de façon transversale que la Guinée doit parachever son processus de démocratisation.

« Adolescent je me souviens que l’essentiel de la musique urbaine tant sénégalaise que guinéenne, comme c’était le cas d’ailleurs dans la plupart des pays de la sous-région versait dans la dénonciation, ce qui tend à disparaître, je veux dire que les jeunes sont plutôt soucieux de leur émancipation socio-professionnelle qu’à autre chose de nos jours; la Guinée doit réussir…, elle doit venir au bout des mutations structurelles ayant cours chez elle, c’est tout le mal que je souhaite aux politiques de ma seconde Patrie, ce n’est pas la peine de détailler sur les casseroles que traînent et les dirigeants et les opposants […] », conclut-il le ton taquin.

Est-ce que P-SOUL est un cœur ? Notre interlocuteur de répondre : « P-SOUL a déjà sa Mame Diara qui lui a donné deux bouts de bois, Dieu merci. »

>> Lire aussi : Interview avec Fadjidih : le Sénégal est la cinquième région de la Guinée.

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