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MAURITANIE : PARTITION OU GUERRE? (Part II). Par Ciré KANE (Sammba Ndeet )

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MAURITANIE : PARTITION OU GUERRE ? (Part II). Par Ciré KANE (Sammba Ndeet )

“Le fleuve n’est pas une frontière ”
Mémoire autochtone

“L’absence de solution est une solution”
Proverbe wolof qui traduit l’impasse dans laquelle s’est engagée la Mauritanie depuis son indépendance.

Cette 2ème partie s’intitule “Frontières de la Mauritanie du Sud”[01].

Elle s’articule ainsi:

I – Histoire de frontières

II – Principes Généraux de la Partition

III – Régions du Sud et Organisation politique

IV – Identité du Sud

V – Drapeau (fond vert et étoile jaune)

ANNEXE: Agenda prévisionnel de la solution de partition

I – HISTOIRE DE FRONTIÈRES

Le nom de Mauritanie n’apparaît officiellement que le 27 décembre 1899 avec une décision ministérielle qui organise, sous le nom « Mauritanie Occidentale », les régions s’étendant de la rive droite du fleuve Sénégal et de la ligne entre Kayes et Toumbouctou, jusqu’aux confins du Maroc et de l’Algérie. Décision et nom inspirés par Xavier Coppolani.

C’est en 1900 que la première frontière du Territoire fut fixée. Ce tracé théorique délimitait les zones d’influences franco-espagnole au nord (Sahrara Occidental).

Le 10 avril 1904, par arrêté, tous les territoires situés sur la rive droite sont provisoirement rattachés aux protectorats des pays maures.

Le 8 décembre 1933 par décret, la frontière entre la Mauritanie et le Sénégal est fixée sur la rive droite (Mauritanie) selon un tracé qui couvrirait soixante dix kilomètres à partir du fleuve Sénégal. Pour la mise en place de l’Organisation de Mise valeur du fleuve Sénégal (OMVS), il a fallu la signature d’une convention à Nouakchott le 11 mars 1972 portant sur l’internationalisation du fleuve Sénégal. Lors des déportations et le conflit entre les deux pays en 1989, chaque partie brandit son document : la Mauritanie, l’arrêté du 10 avril 1904 et le Sénégal le décret du 8 décembre 1933.

En 1936, les arrêtés N° 469 et 470 du 10 août 1936 organisent séparément les commandements et administrations « indigènes maures » et les populations sédentaires noires. Il résulte de ces deux arrêtés pris par le gouverneur Beyries, l’implantation de deux administrations : directe chez les sédentaires noirs avec la création de chefs de cantons et indirecte chez les maures avec des émirs qui dépendaient de l’autorité coloniale.

Enfin par décret du 5 juillet 1944, la région du Hodh jusqu’alors sous dépendance du Soudan (actuel Mali) est rattachée à la Mauritanie pour des raisons militaires liées à la résistance pacifique des Hamalistes (Cheikh Hamahoullah).

Jusqu’au 2 juin 1946, le nom de la Mauritanie figurait jumelée au Sénégal sous l’appellation « Circonscription Mauritanie-Sénégal » et était représentée par le député Léopold Sedar Senghor[02].

II – PRINCIPES GÉNÉRAUX DE LA PARTITION

La partition de la Mauritanie est en réalité un partage du pouvoir politique et des richesses du pays, une vieille revendication pour une cohabitation harmonieuse et pacifique de toutes les composantes de la nation. Ce partage s’est avéré impossible dans l’Etat unitaire. Il faut décentraliser le pouvoir! Scinder le pays, si nécessaire.

1) Principe du rejet du néo-colonialisme

Il est extrêmement choquant que des décrets, arrêtés ou décisions de la France, pris avant les indépendances, puissent être brandis par des États “souverains” pour régler leurs conflits frontaliers. In fine, c’est une justification des “bienfaits” de la colonisation. La logique aurait voulu qu’on tienne compte de l’histoire de l’Afrique avant l’arrivée des envahisseurs, arabes et européens, justifiant l’esclavage des noirs par le coran et la bible.

Xavier Coppolani, en appelant en 1899 cette terre MAURitanie, montrait le penchant de la France pour les maures. Et la littérature française, très prolixe sur ces bédouins, n’est pas en reste. Au maure la carotte et l’auto-administration de ses tribus. Aux noirs sédentaires le bâton et l’administration…directe! C’est du racisme.

Dès le 10 avril 1904, un arrêté rattache provisoirement la rive droite, habitée par les autochtones, aux maures razzieurs.

30 ans après, en 1933, la France, toujours au plus près de ses intérêts, decrète que la frontière du Sénégal est à l’intérieur de la Mauritanie, à environ 70 km à partir du fleuve, c’est le premier projet de partition, mort-né.

L’application de ce mauvais découpage aurait pourtant permis d’éviter le génocide des noirs perpétré par les maures de 1989 à 1991, auto-amnistié en juin 1993 par leurs colonels. Aujourd’hui, ce sont leurs 34 généraux qui inquiètent. La plupart sont promus par la tribu et n’ont aucune expérience du feu.

Les soldats sont haratines à 85%, avec très peu de chances de parvenir à un grade d’officier. Des exécutants dociles des ordres tribaux maures. Donc, une armée potentiellement génocidaire récidiviste et auto-amnistiante. Ce point justifie à lui seul la partition. Pour épargner des vies, il faut un partitionnement qui tienne compte de la diversité du peuple mauritanien. Nous sommes presque tous des sang-mélés.

On ne tentera pas, comme en 1933, de parquer les autochtones dans de fines bandes de terres, des sortes de réserves de peaux rouges, non viables en tant qu’Etat moderne.

2) Principe de libre circulation des personnes.

Bien que l’Etat central ait échoué, répandu les injustices, le pillage des ressources et la corruption, les mauritaniens demeurent fortement métissés et apparentés. Cette réalité est indéniable et, si la partition est actée pour éviter la guerre, Il n’y aura pas de déplacement massif de populations. Le retour vers son terroir sera volontaire. Exactement comme le fut le retour des noirs déportés au Sénégal, la majeure partie a choisi de ne pas rentrer en Mauritanie. Les conditions d’un retour digne et organisé n’étaient pas réunies.

3) Principe de Continuité des peuples

C’est une précaution elementaire. Le respect de la continuité des peuples est plus garant de la paix aux frontières que le principe colonial d’intangibilité des frontières héritées du découpage de l’Afrique par les colons qui a entraîné beaucoup de conflits[03].

Le futur Etat du Sud, libre et indépendant, ne se diluera pas dans le Mali instable ou le Sénégal “émergent” mais incitera à la restauration de la fédération du Soudan qui était bien partie avec Modibo Keita. Le panafricanisme est un rêve réalisable en partie par des regroupements sous-regionaux non viciés par les anciennes puissances coloniales.

Les deux hodhs (Hodh à l’époque coloniale) ont été détachés du Mali et rattachés définitivement à la Mauritanie en 1944 pour contenir et affaiblir la résistance des disciples du vénéré Cheikh Hamahoullah[04], un métis maure/peul, maître spirituel de Amadou Hampathé Ba.

Un autre motif pour les autochtones de s’attacher aux Hodhs : à 60 kilomètres au Sud de Timbédra, se trouve Koumbi Saleh, cité enfouie par les sables, capitale de l’empire du Ghana fondé par les soninkés. Y vivaient berbères, peuls, wolofs, serères…

C’est donc par le Hodh(bambara, peul, maure,soninké) que la Mauritanie du Sud tendra la main aux maliens depuis son flanc Sud-Est.

3) Principe de sécurité

Il serait périlleux pour la future Mauritanie du Sud que la region de l’Assaba, géographiquement bien au Sud, reste rattachée au Nord.

En outre, cette région à majorité haratine et peule nomade(gaynaako), effectue idéalement la jonction entre le Hodh et le Guidimakha. Rappelons que, pendant le génocide de 1989, c’est l’endroit où il y a eu le moins de violences ethniques, preuve d’un fort métissage qui éloigne le racisme et la haine. L’Assaba est donc un moteur de promotion du respect de la diversité et la réalisation d’une nation arc-en-ciel.

Un référendum devrait permettre à l’Assaba de déterminer de quelle coté de la frontière Nord/ Sud elle souhaiterait se situer.

Dans ce long processus vers la scission, rien ne doit être obligatoire ou trop contraignant pour les populations. Les débats et discussions entre mauritaniens orienteront vers les solutions les plus humaines et intelligentes.

III- RÉGIONS DU SUD ET ORGANISATION POLITIQUE

Compte tenu des principes précédents, les six régions de la Mauritanie du Sud seraient, d’Est en Ouest, le Hodh (2 Hodhs), l’Assaba, le Guidimakha, le Gorgol, le Brakna et le Trarza[05]

L’organisation triviale à cibler est l’Etat fédéral, c’est conforme à la solution proposée dans la 1ère partie et jointe en annexe.

IV – IDENTITÉ

La constitution de la République Islamique de Mauritanie(RIM) ne fait pas clairement mention de l’identité africaine du pays, tout se passe comme si le pays était dans la péninsule arabique. La faute est la référence à l’islam comme ciment de la nation lors du Congrès d’Aleg [06].

Car, chez les bédouins, de l’islam le chemin n’est jamais loin pour inculquer aux autochtones un coran arabe, d’un prophète arabe, langue du Paradis aussi[07]. Ce sont ces raccourcis ou faux hadiths qui permettent d’asseoir les théories supremacistes arabes, l’uniformisation culturelle, l’assimilation des non arabes.

La Mauritanie du Sud sera haratine, peule, hassane, soninké, wolof et bambara

Bilan: 5 langues, 6 identités, 6… régions!

Toutes ces langues nationales seront officielles.

Les langues de travail seraient, selon leur importance internationale : anglais, français et arabe. Toute autre langue utile dans l’administration de l’Etat serait déclarée langue de travail.

Les problèmes identitaires sont les principales causes d’échec de la RIM. L’arabisation forcée a produit un certain rejet des maures. Il faut en tirer leçon pour bâtir l’Etat du Sud sur des bases saines et respectueuses du droit à la différence.

Chaque région pourra décliner une identité régionale porteur d’un projet de réappropriation de son histoire et de sa culture. Cette identité prendra en considération les autres identités locales qui, elles aussi, auront droit de se développer.

Par exemple, on pourrait envisager une fusion du Gorgol et du Guidimakha pour réaffirmer une identité soninké reconstituant le Ghana sans écraser les autres spécificités(haratine, peule, hassane).

Le Hodh, à majorité haratine, pourrait opter pour une identité bambara,entité pourtant minoritaire. Pour quel projet ? Cette région est la plus touchée par l’esclavage[08]. Les bambaras sont les ancêtres les plus répandus des haratines. Ces derniers pourraient se réapproprier par la langue leurs origines africaines pas si lointaines.

V – DRAPEAU

Le drapeau du futur Etat serait celui qui prévalait au Sud avant le calamiteux congrès de 1958: fond vert, avec une étoile jaune. Le croissant islamique, effacé, resterait un mauvais souvenir de cette grossière instrumentalisation de notre sainte religion par les maures pour dominer les noirs et les réduire en esclaves.

La Mauritanie n’est pas un Etat républicain où les citoyens sont égaux mais bien un E.T.A.T: Etat Tribal Arabe Terroriste.

Un ETA terroriste bien plus Négrophobe qu’Islamique.

Il est évident que la lutte démocratique et pacifique des noirs a atteint ses limites. il faudrait maintenant une Intifada du Sud, un printemps arabe chaud comme un été indien pour renverser la monarchie des maures soutenue par la France depuis Xavier Coppolani(1899).

Dans la 3eme partie, à venir, nous aborderons les ressources du futur Etat sudiste, le sort de Nouakchott et des grandes infrastructures, la géopolitique de la région et son influence sur les différents scénarios possibles d’éclatement de la Mauritanie à cause de l’Etat Tribal Arabe (ETA) qui terrorise les noirs et les asservit.

samedi 12 décembre 2020

Ciré KANE (Sammba Ndeet )
Blogueur et activiste en Droits Humains
cire.kane@gmail.com

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