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MAURITANIE : L’UNITE NATIONALE ET LA COHESION SOCIALE EN QUESTION !

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Le champ politique de la Mauritanie est marqué par le caractère trop autocentré de la quasi-totalité des acteurs opérant dans l’espace politique national, l’absence de la communication, du dialogue entre le pouvoir et l’opposition, d’une part, entre les partis politiques eux –mêmes et les acteurs de la société civile, d’autre part, lesquelles malgré les efforts consentis ici et là, se pose le problème de la visibilité dans la lutte pour une solution négociée et acceptable de la problématique de l’unité nationale et la cohésion sociale.

Les ethnies interrogent les lieux de diffusion de la connaissance (l’école), de la foi (mosquée), de la culture et de l’information (médias), du pouvoir (gouvernement et administration). Elles se rendent à l’évidence d’une politique raciale opérée par tous les pouvoirs publics de ce pays, dès l’accession du pays à la souveraineté internationale.

A ces traits généraux, s’ajoutent l’absence de la volonté politique et par conséquent l’inexistence d’une stratégie nationale concertée.
Ces données fondamentales pour définir un axe prioritaire orienté vers l’action structurante de concertation en direction des acteurs politiques pour la tenue d’une convention nationale demeure plus qu’une nécessité.
La création d’un cadre organisé en concertation avec les partis et organisations intéressées par cette problématique, instituant un dialogue participatif dans le processus de formulation et de mise en œuvre d’une stratégie autour de la problématique est impérieuse.

Cela, c’est la sagesse et pour mettre fin à ces causes, il faut analyser sérieusement la situation car en traitant de ces problèmes, il faut se garder de tout schématiser, parce que la réalité est infiniment plus complexe que tous les schémas et toutes les législations.
Le Professeur Jean STAROBINSKI aux trente quatrième session des Rencontres Internationales de Genève sur la question de l’identité : « On s’aperçoit que c’est là aujourd’hui un puissant motif de rassemblement, et un redoutable facteur de division Quoique qu’il en soit, la notion d’identité ethnique, culturelle, ou nationale se montre agissante sur presque tous les continents, et ses conséquences occupent souvent le premier plan d’une actualité tragique. La montée des identités rivales, soutenues par des souvenirs ancestraux belliqueux, provoquent des luttes inexpiables au moment même où devrait prévaloir la lutte contre la pauvreté. Les anciennes solidarités se rappellent au souvenir des individus, quand ils ne peuvent plus compter sur les structures étatiques de récente apparition. L’idée plus ou moins mythique des origines communes l’emporte alors sur toute autre considération ».

Les identités culturelles ne s’affrontent pas sur le terrain politique mais les nationalismes, leur expression idéologique. Ce type de conflits, autre que ceux de classes sont au cœur d’une problématique causée par le rapport entre nation et nationalités : la Question Nationale.

Elle exprime les contradictions entre nations (dominants et dominés) et entre nationalités au sein d’un état.
En Mauritanie, le problème auquel on pense le plus facilement est la difficile cohabitation entre les communautés arabo-berbères et négro-africaines ainsi que la question de l’esclavage des couches harratines. Les diverses ethnies (pular, soninké, wolof, bambara et harratine) qui composent le pays ne veulent pas être soumises à la seule ethnie arabe et réagissent évidemment de manière parfois primitive à ce qu’elles considèrent comme des tentatives d’uniformisation, d’exclusion et de racisme d’état qui se manifeste dans les domaines politique, économique, culturel, social et même symbolique.

Cette politique exclusiviste est bien perceptible au niveau des symboles, des sceaux et des armoiries de l’Etat mauritanien qui refuse systématiquement d’assumer la diversité de ses composantes nationales et sociales.
Au nom de la sauvegarde d’une identité, tenue pour une fin absolue, tous les moyens deviennent excusables. Dans l’incertitude sur le but futur de l’histoire universelle, l’on cherche refuge, sinon dans le passé ravivé du groupe particulier, du moins dans le « nous »restreint qui récuse sommairement le droit dont se réclament les « autres ». Oui, c’est une obligation morale que de reconnaître et de respecter les identités ethniques et culturelles, surtout lorsqu’elles sont minoritaires. Mais dans cette obligation résulte une conséquence évidente : nulle identité n’a un titre quelconque à s’affirmer comme la seule instance « légitimante », c’est-à-dire comme une valeur première et sans appel, sauf à voir sévir la guerre de tous contre tous. L’identité ne sera jamais le fondement d’une éthique.

Le développement de l’homme mauritanien passera par les voies obligées de l’unité nationale et la démocratie. Leur corollaire, une justice de transition devra servir la société apaisée que nous voulons. Car la paix n’est pas l’absence de conflit ; la paix est le fruit de la justice.
Cette dialectique, entre l’unité, la justice et la paix devrait constituer le triptyque de l’approche de dialogue permanent et non contingent, en direction des questions nationales majeures (esclavage, passif humanitaire, cohabitation) pour l’Etat multinational mauritanien.

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