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MAURITANIE : LES CHAÎNES DE TÉLÉVISION PRIVÉE SUSPENDUES POUR DÉFAUT DE PAIEMENT

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Il y a plus d’une semaine, la Télédiffusion de Mauritanie (TDM) a interrompu les émissions de toutes les chaînes de Télévision indépendantes, privant l’ensemble des mauritaniens du pluralisme médiatique.
Cette suspension controversée de cinq télévisions privées mauritaniennes repose sur un argument relatif à un différend financier avec l’organe public mauritanien qui assure leur retransmission sur satellite.

Pourtant, l’opinion nationale et internationale avait salué l’ouverture des ondes avec l’organisation du colloque sur la libéralisation des ondes organisé par  CORALI, FASSA et le GERDDES.

Ce colloque avait rassemblé deux cent personnes, des sommités, dont notamment les représentants d’une vingtaine de fédérations de radios africaines, des responsables de l’Unesco, de l’Organisation internationale de la Francophonie, de la présidente de la sous-commission des Droits de l’Homme au Parlement européen, des journalistes et des porteurs de projets radiophoniques mauritaniens et de nombreuses autres personnalités. 

Ouvert par le Premier ministre mauritanien d’alors, Moulay ould Mohamed Laghdaf, en présence de plusieurs membres du gouvernement et du président de la Haute autorité de la presse et de l’audiovisuel, ce colloque avait étudié le rôle, l’utilité et l’impact de la libéralisation audiovisuelle et pour l’émergence et le développement des radios communautaires.
A l’issue des travaux, les participants avaient élaborés un certain nombre de recommandations pour faciliter l’ouverture des ondes et garantir la place des projets associatifs.

C’est pourquoi, l’opinion a été surprise par la décision de la TDM (Télédiffusion de Mauritanie) de suspendre les émissions des télévisions privées mauritaniennes, quelques petites années seulement, après sa libéralisation, affirme le syndicat des télévisions privées mauritaniennes, dans un communiqué publié jeudi sur fond d’un différend financier avec l’organe public mauritanien, privant l’ensemble des mauritaniens du pluralisme médiatique; un acquis pour lequel la plupart d’entre eux ont lutté et auquel ils sont attachés.

Le Forum National Pour la Démocratie et l’Unité, un aréopage de 17 Partis politiques, centrales syndicales et personnalités indépendantes regroupé au sein de l’opposition, dite démocratique, a fustigé cette décision jugée inopportune et dangereuse pour la stabilité du pays et le respect scrupuleux des libertés fondamentales. Le droit à l’information est un droit pour tout citoyen.
Pour le Forum National Pour la Démocratie et l’Unité (FNDU),  « la volonté de rendre l’Etat, maître absolu de l’espace audiovisuel est manifeste, comme le montre le recours systématique à son autorité dans les cas suivants :

1- Le monopole du service de télédiffusion : Ainsi, la TDM ne permet à aucune chaîne de traiter avec une société étrangère qui vend le même service, alors qu’il y en a qui le fournissent au tiers du prix imposé par la société nationale, soit 6 millions tous les trois mois au lieu de 21 millions.

2- Le fonds d’appui à la presse ne constitue nullement un vrai soutien qui aide les chaînes à supporter les frais de leur fonctionnement ; ce sont seulement 200 millions d’ouguiyas, répartis entre la presse électronique, la presse papier et la presse audiovisuelle ;

3- La loi sur la publicité qui a été élaborée pour aider les moyens d’information naissant n’a vu le jour qu’au cours du conseil des ministres du 16 octobre 2017, bien que posée sur le bureau du ministre de tutelle depuis 2004.
Partant de ces constats, le FNDU :
– Considère que la tentative par l’Etat de gagner de l’argent en taxant des chaînes de TV naissantes et aux moyens limités est pour le moins étrange et qu’il ne peut s’agir que d’une épée de damoclès qu’on brandit au besoin contre ces institutions ; et c’est effectivement ce qui est arrivé récemment ;
– Réaffirme son soutien indéfectible aux chaînes visées dans l’épreuve qu’elles traversent et exige que soit mis un terme à leur étouffement, afin que soit préservé l’acquis indispensable pour notre pays que constitue la liberté de presse.

Cependant le gouvernement mauritanien avait manifesté la volonté de garantir et de préserver les acquis de la liberté de la presse en Mauritanie, avant d’appeler les journalistes mauritaniens et à travers eux les journalistes africains à privilégier en toute circonstance l’éthique et la déontologie de leur profession.

Aujourd’hui la Mauritanie a perdu 7 points du classement international de la liberté de la presse, tout en conservant son rang de premier au niveau des pays arabes.
Ce recul est dû essentiellement à la controverse  intervenue  entre le gouvernement mauritanien et « Reporters sans frontières (RSF)  » à propos du traitement du cas   « Ould M’Khaitir » et la non reconnaissance des droits aux homosexuels.
Le gouvernement Mauritanien estime que le jeune   blogueur est  accusé d’apostasie, un  crime  de droit commun qui n’a rien  à voir avec la liberté d’expression.

Le gouvernement refuse de lever les réserves émises quant  aux conventions internationales permettant aux  homosexuels d’exercer leur activité dans le pays, tout comme il refuse de leur assurer une protection juridique.

En attendant, les citoyens mauritaniens, contraints, trinquent et s’obligent de suivre les émissions d’autres télévisions de pays voisins ou de l’occident, avec tout le mépris de voir leurs télévisions, quand bien même médiocres dans les programmes diffusés. Wait and see !

Mataka

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