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Mauritanie: la CVE / V- R exige l’officialisation de toutes nos langue nationales

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CVE/VR

A l’occasion de la célébration de la journée internationale de la langue maternelle, ce 21 février 2020, la Coalition Vivre Ensemble / Vérité – Réconciliation tient à rappeler l’Etat mauritanien à ses responsabilités quant à la place réservée aux langues négro-africaines et aux cultures qu’elles véhiculent dans l’espace public national. 

La CVE/VR rappelle que ces langues sont exclues de la sphère scolaire depuis l’arrêt arbitraire de leur expérimentation en 1999 dans l’enseignement fondamental et la transformation de l’Institut des Langues Nationales en un département folklorique de l’Université de Nouakchott. Cela au mépris des différentes expertises tant nationales qu’internationales qui avaient toutes conclu au succès de l’expérience.

L’Etat a par ailleurs, dans le cadre de la libéralisation des ondes, refusé à leurs locuteurs toute possibilité d’ouvrir des stations privées de radio ou de télévision. Ces langues, en effet, feraient désordre dans le paysage audiovisuel mauritanien entièrement dévolu à la promotion de l’arabité du pays. L’Assemblée nationale, qui vient d’instituer une traduction systématique entre les langues nationales pulaar, sooninke et wolof et la langue arabe, dispose d’une chaîne de télévision dont ces langues demeurent encore exclues. Cela en dit long sur la volonté du parlement de promouvoir l’usage des langues nationales, surtout quand l’on sait que la traduction n’est pas assurée entre ces dernières. 

La CVE / V – R réitère l’exigence de la réhabilitation de l’Institut et l’officialisation des langues pulaar, sooninke et wolof pour qu’elles trouvent pleinement leur place non seulement dans le système éducatif mais aussi dans tous les domaines de la vie nationale. 

L’Etat mauritanien se doit donc de se départir de cette volonté inavouée d’assimilation qui sous-tend ses fondements et qui confine tous les citoyens non arabes du pays au rang de citoyens de seconde zone. Il est impératif que ceux qui nous gouvernent fassent de la reconnaissance du droit à la diversité culturelle une réalité concrète, palpable, seul gage d’une Mauritanie une et plurielle conformément à ses engagements nationaux et internationaux. 

Nouakchott le 21 février 2020 

La Cellule de Communication 

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