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Mauritanie: la CVE réaffirme et exige le règlement définitif du passif humanitaire…

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Alors que 30 longues années se sont écoulées, la terrible problématique de ce qu’il est convenu d’appeler « le passif humanitaire » reste toujours sans règlement.

Ni les pendus d’Inal, ni les militaires (dont le nombre dépasse un demi-millier), lâchement assassiné à Azlat, à Jreida et ailleurs; encore moins les innombrables victimes des injustices des années de braises, n’ont été rétablis dans leurs droits légitimes.  Les veuves continuent de pleurer, les orphelins d’essayer, dans le désespoir et le désarroi, de se souvenir des pères à jamais disparus.

A la complainte des rescapés, s’ajoute le sentiment d’abandon ; l’injustice subie paraissant être inscrite dans les comptes « pertes et profits » d’une unité nationale malmenée, d’une cohésion sociale branlante et d’un mal-vivre à la recherche d’un “vivre ensemble”.

Ce sanglant passif, né de politiques aventuristes et d’errements aux antipodes de la devise de la Mauritanie, foulant au pied l’honneur, mettant sous le boisseau la fraternité et rendant orpheline la justice, peine à être apuré. Des expédients, consistant en l’opération « Mooyto koota » (« Retour en catimini ») de Maaouiya Ould Sid’Ahmed Taya, à l’essai non réussi de Mohamed Ould Abdel Aziz, n’ont été que de la poudre aux yeux, exception faite du court (et raccourci) intermède de feu Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallhi (qu’Allah l’accueille dans son vaste paradis) dont la volonté de régler le problème s’est arrêtée avec son renversement le 06 Août 2008.

La Mauritanie, aspirant à plus de solidarité, de justice, d’égalité, il est temps de dépasser les problèmes qui freinent son avenir, et au rang desquels figure, en bonne place, le passif humanitaire qui s’étend à toutes les victimes extrajudiciaires (civiles et militaires, objet des fosses communes de Wothie et Sori-Malé, jusqu’à Inal en passant par Azlat,  J’reida, etc.). Il s’étend également aux arrestations arbitraires, aux licenciements abusifs comme à la spoliation des terres et du bétail de bon nombre de paysans et éleveurs.

La Coalition Vivre Ensemble, et bien d’autres acteurs politiques nationaux, comme des observateurs s’accordent pour dire que l’unité nationale est le principal défi auquel le pays doit faire face et que celle-ci conditionne la paix civile, le développement et la démocratie.

Pour la CVE, il doit être pleinement entendu que la question du passif humanitaire concerne toutes les victimes extra-judiciaires (civiles et militaires).

Il est tout aussi clair, qu’il faut replacer les victimes et ayant-droit au centre de toute négociation. Des expériences existent à travers le monde, en Afrique (Afrique du Sud, Maroc, Rwanda) en particulier où des mécanismes et cadres institutionnels ad-hoc ont été mis en place et conduit des processus de réconciliation nationale à travers une justice transitionnelle.

Pour ce faire, l’adoption d’une loi organique instituant une telle commission et abrogeant la loi d’amnistie de 1993 s’impose. Sa composition devrait obéir aux règles de représentativité, d’équité, de probité et de compétence, y compris religieuse.

Son mandat devra être étendu et porté sur les devoirs : (i) de vérité (qui a fait quoi, où, quand, comment) en décryptant la chaîne de responsabilités ; (ii) de justice (innocence, culpabilité, pardon) ; de réparations (individuelles et collectives) ; et, (iv) de mémoire (plus jamais ça !).

Parallèlement à cela, la commission devra s’engager sur tous les cas de violations des droits de l’Homme ayant déconstruit des familles et des villages (viols, tortures, destructions de villages et aliénation des biens, etc.).

La résolution correcte du passif humanitaire nous semble inséparable de la problématique de l’unité nationale.  Elle appelle à  des prises de positions courageuses, loin des sentiers battus, pour faire du Vivre Ensemble une ardente obligation.

Nouakchott, le 28 Novembre 2020

La Commission Exécutive de la CVE

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