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Mauritanie : interview de Mohamed Pathé Diallo “je ne reconnais pas mon exclusion de l’AJDMR”

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Mohamed Pathé Diallo, leader exlu du parti ajdmr

Mohamed Pathé Diallo, le leader du parti l’Alliance pour la Justice et la Démocratie/Mouvement pour la Réconciliation (AJD/MR),  secrétaire général adjoint chargé des affaires politiques a émis des observations sur la gestion du parti. Fidèle à ses convictions, Mohamed Diallo a dit non à la violation des textes fondamentaux  qui régissent le parti. L’initiateur de la nouvelle structure dénommée « initiative pour la Reconstruction de l’AJD/MR » s’est livré à Senalioune.com

Entretien exclusif

Parlez-nous de votre parcours politique 

J’ai commencé à m’intéresser aux mouvements politiques au début des années 80 alors que j’étais au lycée puis à l’ENI de Rosso. A cette époque je flirtais avec le MND animé à l’époque par nos aînés, dont notamment les frères Tounkara.

Au début des années 90, je fus séduit par le discours des FLAM sans pour autant militer dans quelque mouvement que soit. En 2006, à la faveur du retour au pays de l’aile dissidente des FLAM, FLAM /Rénovation, je pris langue avec les dirigeants de ce mouvement et décidai d’y militer. Je fus le principal animateur du mouvement et contribuai rapidement à sa massification. A cette époque FLAM / Rénovation avait intégré  la grande coalition de l’opposition, CFCD.

En 2007, notre mouvement décida de soutenir à l’ultime moment des dépôts de candidature, le candidat indépendant Ibrahima Moctar Sarr du Mouvement pour la Réconciliation Nationale. Je fus un des principaux responsables du directoire de campagne.

En août 2007, je fus un des membres fondateurs de l’AJD/MR et intégrai le bureau politique dudit parti au poste de secrétaire général adjoint chargé des affaires politiques. Entre fin mars et fin décembre 2010, je fus membre de la délégation de l’AJD/MR qui a négocié avec les partis de la Majorité présidentielle et qui a abouti à l’intégration de notre parti à cette dernière.  

 En 2011, je dirigeai une délégation des membres du BP de l’AJD/ MR pour des discussions autour des questions nationales avec le parti SAWAB.

En février 2013, je fus le principal artisan de la marche organisée par notre parti pour demander l’abrogation de la loi d’amnistie de  1993.

 En décembre 2013, je fus désigné directeur national de campagne aux élections municipales et législatives avec les premiers postes électifs décrochés par notre parti avec 4 députés une vingtaine  de conseillers municipaux dont le maire de Sebkha. Voilà un résumé de mon parcours politique.

Pourquoi se soulever maintenant, le problème au sein d’ajdmr ne date pas d’aujourd’hui, mais depuis plusieurs années ?

Mon soulèvement contre les décisions du BP ne date pas d’aujourd’hui, seulement  je le faisais à l’interne, je ne l’ai porté sur la place publique que quand je fus arbitrairement suspendu.

Quelles relations aviez-vous  avec le leader de l’AJDMR, Ibrhim Mokatr Sarr, et qu’est ce qui a changé ?

Mes relations avec le président du parti étaient normales jusqu’au moment où je découvris ses basses manœuvres faites de népotisme, de prévarication, de malversations et d’entorse aux règles du parti.

Vous dites que les lignes de pratiques de l’AJDMR sont dépourvues  du respect des textes, de justice et de démocratie. Pouvez-vous expliquer davantage ? 

Toutes les sanctions prises à l’endroit de beaucoup de responsables du parti ne respectent pas les dispositions légales que stipulent les textes fondamentaux de notre  parti. Ces textes disent qu’avant de suspendre un militant il va falloir l’entendre au niveau du conseil de discipline et transmettre son dossier au conseil national qui doit statuer sur son cas. 

Vous affirmez que Ibrahim Moktar sarr est un dictateur,  que pensez-vous de la situation des autres partis politiques  mauritaniens?

Dire qu’Ibrahima Sarr est un dictateur est un euphémisme. Quant à ce qui se passe dans les autres partis, je me garderai bien d’en parler par probité intellectuelle.

Qu’est ce vous a poussé à vouloir rester à la CVE alors que la direction de l’AJDMR en a choisi autrement ?

Notre décision de rester attaché à la CVE originelle résulte des demandes maintes fois réitérées par notre base.

Une décision du bureau politique est tombée, vous êtes exclus du parti, qu’en dite vous ?

N’ayant pas reconnu la suspension dont je fais arbitrairement l’objet, toute autre sanction est rejetée quitte à recourir aux instances judiciaires.  

Pourquoi selon vous, le congrès du parti tant  annoncé n’a pas eu lieu ?

Le congrès plusieurs fois annoncé et jamais tenu en dit long sur les  craintes du président de regarder les militants et dirigeants du parti les yeux dans les yeux pour répondre de sa gestion désastreuse du parti tant sur le plan administratif que financier.

Y’a-t-il des malversations au sein de l’ajdmr ? Et pourquoi parlez-vous  du népotisme dans le parti ?

Le seul fait d’avoir engagé le parti dans les dernières élections générales de 2018 sans lui en donner les moyens alors que le parti gagnait près de 20 000 000 MRO par an,   est une preuve éclatante des malversations dont se sont rendus coupables le président et son entourage. Pas besoin d’enquête, ça saute aux yeux.

Que pensez-vous de la situation politique du pays ? Et du nouveau Président de la République ?

Il est prématuré de se faire une idée claire de la gestion d’un pouvoir qui n’est là que depuis un peu plus de quatre mois. Cependant la rupture tant souhaitée se fait attendre. Nous attendons impatiemment pour voir quelles solutions le nouveau Président propose aux problèmes qui minent l’unité nationale à savoir la question de la cohabitation entre les différentes composantes de la Nation, les dossiers de l’esclavage et du passif humanitaire.

Propos recueillis par  Diary N’diaye Ba

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