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Mauritanie: Défis économiques du nouveau président Mohamed Ghazouani

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Après la victoire de l’ancien général Mohamed Ould Ghazouani, la police a réprimé les manifestations de l’opposition le 24 juin. Les appels de Biram Dah Abeid (18,58% des voix) et de Sidi Mohamed Ould Boubacar (17,87) ont également été rejetés.

Ghazzouani était connu pour être un libéral et un réformiste proche du président sortant Mohamed Ould Abdel Aziz, mais la question est posée sur les tendances économiques du pays, en particulier dans les industries extractives, alors que l’industrie pétrolière est encore nouvelle.

Les premières décisions du successeur d’Aziz seront étroitement surveillées par les opérateurs et les investisseurs.
L’économie mauritanienne reste largement tributaire des industries extractives, qui représentent environ 30% du PNB et plus du tiers des recettes fiscales du pays. Le minerai de fer, l’or, le cuivre et le pétrole représentent 75% des exportations et 80% des investissements étrangers totaux de la Mauritanie.

Alors que le pays a encore beaucoup de ses vastes ressources naturelles à explorer, la position du gouvernement sur les investisseurs miniers a été resserrée à la fin du mandat d’Abdel Aziz.

Les dernières versions du Code minier (1999 et 2008) ont été conçues pour attirer les investisseurs en excluant les risques. La nouvelle loi, que le Parlement doit encore approuver, rendra les investissements futurs moins attrayants. Il comportera deux changements majeurs: réduire la durée des licences minières de 30 à 15 ans et augmenter la participation maximale de l’État de 20 à 30%.

Bien que le rééquilibrage des avantages pour l’État soit courant et compréhensible dans le secteur minier mature, ces conditions ne semblent pas appropriées dans un pays qui n’a pas réussi à attirer le même niveau d’investissement minier que ses voisins. Mali et Burkina Faso. Ces conditions figureront parmi les plus strictes du continent et auront probablement un impact plus important sur la volonté des investisseurs.

Conformément aux règles internationales applicables, la nouvelle loi ne devrait pas être appliquée de manière rétrospective. La Mauritanie dispose de trois licences minières en cours de validité, la plus ancienne étant la société publique SNIM qui utilise du fer. Les autres licences sont celles de Kinross Gold Exploration Company et de First Quantum Minerals pour les les mines d’or et de cuivre.

Les relations entre l’État et les sociétés minières canadiennes ont fluctué depuis leur arrivée jusqu’au point d’inquiétude soulevé par le gouvernement canadien. Alors que les réserves utilisées par FQM seront épuisées au début de 2020, ce sont les Kinros qui ont attiré l’expérience des investisseurs dans le secteur minier en Mauritanie qui paieront pour ce changement de politique.

Le cinquième producteur d’or au monde a investi d’importantes sommes dans la mine depuis son acquisition en 2010, avec une capacité de traitement moyenne de 15 000 tonnes par jour. La société est un opérateur privé dans le pays et représente environ 12% de l’emploi total dans les industries extractives (y compris le pétrole et le gaz) et 5,5% des recettes publiques directes et indirectes.

Cependant, le gouvernement semble avoir multiplié les obstacles administratifs, à commencer par son refus d’accorder une concession afin de modifier l’exploitation minière à l’extrémité sud de Taziazat South. Une autre société minière canadienne, Algold Resources, rencontre des difficultés pour financer son projet et pourrait ne pas atteindre le stade de production si la situation ne s’améliore pas.

L’élection du nouveau président intervient à un moment politique et économique crucial. Les investisseurs étrangers sont instables et les industries extractives – pétrole et mines – ont besoin de capitaux importants. Si l’information commerciale sur les réserves de gaz naturel est confirmée, les investissements seront énormes.

Cependant, les besoins en emplois locaux sur les plates-formes offshore sont très limités et le succès du projet n’est pas garanti, mais le gouvernement risque de tourner rapidement le dos à l’industrie minière. Cependant, il semble que le régime d’Abdoul Aziz ait rappelé aux électeurs que l’équilibre des forces en leur faveur était dicté par la facilité d’exploitation du gaz naturel marin.

Les investisseurs actuels et futurs dans l’industrie minière mauritanienne devraient être encouragés en cette période cruciale du nouveau régime afin d’éviter une dépendance excessive à l’égard d’une seule industrie pétrolière et gazière dont l’impact reste à évaluer.

Après les événements qui ont suivi les élections, le président Ghazouani devra se rassurer sur sa capacité à maintenir la stabilité politique, essentielle au développement économique et offrant un cadre équilibré aux investisseurs.

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