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Mauritanie-Coronavirus : En attendant la thérapie…Par IRA

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IRA MAURITANIE

Note de mise en garde

Face à la propagation du Covid-19, la Mauritanie a pris des mesures – partielles – de confinement et de fermeture des frontières. Les décisions, heureusement conçues hors de toute pression clinique mais en vertu du principe de précaution, méritent encouragement, malgré les nombreux réflexes de laxisme et de faveur, au détriment de la prudence.

Hélas, l’auto-restriction sociale fait défaut car la majorité, par ignorance, superstition et inclination atavique à l’anarchie, marque quelque hostilité à la contrainte. Pourtant, le dénuement et la désorganisation du système de santé incitent aux impératifs de discipline, de distance et de réserve, seuls moyens de restreindre la contagion, en l’absence d’une thérapie.

L’épreuve multidimensionnelle qu’impose le Coronavirus au pays et à son environnement comporte un impact pour l’instant imperceptible mais dont les répliques renferment, à moyen terme, un défi majeur de sûreté et de stabilité. Il convient, dès à présent, d’en atténuer les nuisances quasi-certaines sur la cohésion de la société. Des groupes spécifiques présentent, à ce titre, un risque d’exposition bien plus élevé. Des actes de prévention sont encore à portée :

1. La prudence commande d’alléger la promiscuité dans les prisons, déjà sous l’effet du surpeuplement. Le désengorgement carcéral, sans abandon de poursuites dans les cas de détention préventive, s’appuierait sur une ordonnance de liberté conditionnelle, voire d’amnistie, au bénéfice des auteurs de diverses infractions, hormis l’homicide, la violence armée et le viol.

Le projet d’exception s’étend aux personnes dont les peines, purgées aux deux tiers, laissent entrevoir une contrition. Sous réserve des exclusions précitées, les prisonniers de plus de 50 ans, ceux de sexe féminin et les mineurs correspondent au premier niveau de vulnérabilité. Il y va, aussi, de la protection du personnel pénitencier.

Naturellement, l’interdiction des visites aux autres prévenus requiert leur prise en charge alimentaire par l’Etat. Un fonds national de solidarité y pourvoirait, s’il était mis en œuvre. La sanction légale ne saurait justifier la mise à mort, même en dehors de l’intention homicide. 

2. En perspective d’une perturbation du fret international et de l’effondrement des métiers de l’économie informelle qui nourrissent la majorité de la population, le gouvernement est appelé à lever ou alléger, du moins pour une période de 6 mois, les taxes sur les articles d’utilité vitale, notamment les aliments, les médicaments, le carburant, l’électricité et l’eau. Partout dans le monde, beaucoup perdront leur travail.

D’ici-peu, si le contexte de crise se prolongeait, des multitudes affamées se trouveraient en instance d’insubordination à l’autorité, avant le déclenchement d’une insurrection de la rue. Le rétablissement de l’ordre provoquerait, alors, un usage de la force, aux conséquences imprévisibles. 

Ira-Mauritanie demande, au pouvoir du moment d’enclencher un processus de consolidation de la solidarité nationale, afin d’anticiper les dangers, réduire la nuisance et se préparer au pire, y compris la rupture des systèmes de communication.

La résistance de la communauté de destin réside, par-delà nos divergences légitimes, dans notre capacité à envisager et traverser, ces rares instants où le sentiment d’appartenance à l’espèce des humains, devient l’évidence du salut collectif. Aujourd’hui, il revient, au gouvernement, unique entité debout dans un pays en ruine, de mieux contrôler la visibilité médiatique des charlatans et autres colporteurs de miracle.

La nocivité de cette confrérie du pire favorise le sabotage des politiques publiques, quand il s’agit de sauver, les gens, de l’extinction. Il serait criminel de céder à leur influence, par lâcheté et populisme. Les mauritaniens ont davantage besoin d’entendre les épidémiologistes, les médecins urgentistes, les spécialistes de l’hygiène et les fonctionnaires en charge de la sécurité. Maintenant, il n’est plus question que de survivre. 

IRA – Mauritanie, le 23 mars 2020

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