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Mauritanie : 2017 une année difficile pour le pays, 2018 des lendemains incertains…

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L’année 2017 qui vient de s’achever aura été une année de grandes perturbations socio- politico-économique marquée par une impossible retrouvaille entre l’opposition significative et le pouvoir d’Aziz. Aucun dialogue n’aura permis aux deux entités de s’assoir autour d’une table pour trouver un terrain d’entente sur les questions d’intérêt national. Les deux camps préférant se regarder en chiens de faïence.

L’opposition réunie autour du G8 n’a jamais accepté la main tendue du pouvoir, préférant dénoncer les abus et les dérives du pouvoir à travers des marches pacifiques sans jamais contraindre Aziz de revenir sur l’application des conclusions du dialogue. Résultats, le président Aziz déroule son programme à travers son referendum très contesté et qui n’a pas mobilisé aussi bien à Nouakchott, la capitale qu’à l’intérieur du pays.
Ces conclusions du dialogue ont été traduites en actes législatifs avec la soumission par le gouvernement de projets de lois relatifs au Haut Conseil de la Fatwa et des Recours gracieux, du Conseil Economique et Social et environnemental où il ya de nouvelles attributions dont la composition est élargie aux associations intervenant dans le cadre de la protection de l’environnement ainsi qu’aux représentants des régions instituées par la réforme constitutionnelle et la fixation de la recomposition du Conseil constitutionnel dont cinq membre seront nommés par le président de la république dont un sur proposition du chef de l’institution de l’opposition, un par le premier ministre et trois par le président de l’assemblée nationale.

Aussi, les réformes engagées par le pouvoir concernant les compétences de la CENI pour superviser et organiser les élections régionales ont été adoptées avec l’augmentation des membres du comité directeur qui passe de 7 à 11 ; les modalités de l’élection du président et du vice président de la CENI étant définies et la procédure de recrutement des personnels nécessaires au bon fonctionnement de la CENI corrigée.

Le second projet de loi organique, modifiant la loi organique relative à l’élection des députés à l’assemblée nationale vise à réactualiser le nombre de députés sur la base des résultats du recensement général de la population et de l’habitat de 2013.
Ainsi, les circonscriptions d’Aleg, Tintatne, Kaedi et Nouadhibou doivent être représenté chacune par un député supplémentaire. Ainsi le nombre actuel des députés (147) augmentera de huit sièges :
Ces mesures transitoires d’ordre politique ont été opérées à l’heure où les populations vivent des situations catastrophiques avec les menaces de sécheresse qui pèsent sur le pays confrontées essentiellement à la rareté des pluies.

2017 aura été aussi une année charnière où le chômage des jeunes a augmenté sensiblement dans un pays où plus de la moitié des populations est jeune.
L’insécurité galopante dans les sphères périphériques hante le sommeil de paisibles citoyens. La situation économique du pays marquée par la rareté d’une ambition agricole, faute de politique hardie plombe le citoyen à l’heure où le gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie tente vainement de convaincre avec le chiffre de 850 millions de dollars de réserves en devises.
Faut-il croire le gouverneur? Tout indique que la Mauritanie va poursuivre une politique de dévaluation entamée depuis mars 2017.Comment le pays en est-il arrivé là? En dilapidant ses réserves en devises.

2012, la Mauritanie affiche le chiffre record de plus 900 millions de dollars de réserves en devises. Fort d’une telle embellie, le pouvoir repousse l’offre de financement faite par le FMI en 2013 et se met à financer ses projets sur fonds propres.

L’erreur se paie cash. En effet en 2015 l’argent a déjà pris la clé des champs. Le pays se tourne alors vers le Fonds qui n’est pas bon prêteur.

En 2016 le couperet tombe. Le FMI est décidé à délier les cordons de la bourse à condition que l’ouguiya soit dévaluée à hauteur de 40%. Aziz du côté de la BCM et du ministère de l’Économie et des Finances rejette l’idée de dévaluation.

Mais dans les faits, le Fonds et la Mauritanie entament des négociations portant sur un prêt d’une enveloppe de 200 millions de dollars contre 30% de la dévaluation de l’ouguiya. Les pourparlers commencent à la mi-mars 2017.

Dès lors on remarquera une chute continue de la valeur de l’ouguiya comparée au dollar et à l’euro. En effet entre mars et décembre 2017 le prix de l’euro ne cesse d’augmenter par rapport à l’ouguiya. Le prix d’un euro est passé de 389,64 en mars à 424,79 UM en décembre. En dépit de tout cela, la Mauritanie continue à clamer qu’elle a déjà entamé une dévaluation de sa monnaie et qu’elle compte poursuivre cette dévaluation.

Le FMI qui de son côté n’a jamais rendu public le taux de la dévaluation décidée lors des pourparlers a laissé entendre en filigrane que l’ouguiya a été bel et bien dévaluée en saluant le glissement de la monnaie auquel le pays s’est soumis aux termes de négociations qui ont abouti à un prêt de 163 millions de dollars en novembre passé. Quid du changement de la valeur faciale des billets de banque et de pièces de monnaie ? Certains économistes pensent qu’il s’agit d’un mauvais présage qui vient annoncer des jours plus difficiles pour les Mauritaniens en proie à une dévaluation continue de leur monnaie nationale.

A cela s’ajoute au plan social à une détérioration du tissu social marqué par la montée des mouvements identitaires : manifeste des harratin, manifeste des soninkés, et l’équation de plus en plus difficile du règlement du passif humanitaire que Aziz tente vaille que vaille de solder par des indemnisations à l’emporte pièce, laissant par-dessus bord la redoutable question du devoir de justice.

2017 aura été marqué aussi par la problématique de l’état civil où des pans entiers continuent de trinquer pour leur citoyenneté. Un enrôlement discriminatoire a été engagé de manière chaotique même si quelques minces progrès ont été constatés.

2018 sera une année charnière et à la croisée des chemins où le pays vivra trois consultations électorales dans un contexte marqué par une situation économique difficile et où les acteurs politiques rivalisent d’ardeur pour barrer la route à Aziz qu’il soupçonne de glisser malencontreusement vers un 3eme mandat.

En attendant, les populations suffoquent et ne demandent qu’une chose : un bien-être économique et social dans la paix et la stabilité.

 

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