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Les meubles d’art, une profession artisanale peu valorisée au Sénégal

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Pour la destination Sénégal bien de secteurs restent à être valorisés par les autorités étatiques mais aussi par les hommes d’affaires sénégalais ce qui n’est toujours pas le cas même si beaucoup d’efforts ont été fournis en ce sens, force est d’admettre que beaucoup de nos artisans sont dans la précarité la plus totale.

Votre site préféré en ligne vous plonge au cœur d’un maillon très négligé du mobilier local, le milieu des sculpteurs sur bois précieux. Une activité qui souffre de visibilité.

Le bois précieux au Sénégal à l’instar de beaucoup de pays africains sont utilisés pour en faire des objets d’art tels que des statuettes, des bijoux, des bracelets des colliers ou encore des chapelets, bref des objets similaires de parure.

Pourtant des sculpteurs que nous avons rencontré à la différence de menuiserie qui nécessite l’utilisation des outils mécaniques, électriques, nous affirment qu’ils se suffisent juste d’une petite hache et un papier verre.

C’est-à-dire que les tables à manger, ces sièges de jardin, ces sièges de sieste, des tabourets etc ces « menuisiers d’une autre main » taillent sont faits du début à la fin par la main : un travail judicieux qui demande beaucoup de patience, de passion et de concentration.

L’exécution d’un tel travail ne demande pourtant pas assez de ressources énergétiques contrairement à la menuiserie telle que nous la connaissons tous les jours, à en croire nos interlocuteurs.

Comme pour dire qu’un travail pour être minutieux et précieux doit se faire « en silence ». Et bien eux-mêmes semblent souffrir de ce silence.

Silence est vraiment le maître mot de ce métier que d’aucuns considèrent comme un boulot très mystique jalousement conservé par les Labbo, sculpteurs traditionnels Peulh du Sénégal, du Mali et de la Guinée.

Et Moussa Sow, Gallo Gadiaga et cie l’ont compris depuis longtemps.

Trouvé sur son lieu de travail  à même le trottoir sur la VDN, route qui mène à Ouakam, pinceau à main, front suant, sous un soleil de plomb, Gallo Gadiaga passe des heures à frotter et à vernir ses tabourets, tables à manger ou encore ses sièges de jardin.

« Toutes les pièces que voici sont travaillés à partir d’un bois très précieux le bois ébène entre autre. Je vends le tabouret à 25000 francs CFA, la table à manger à 150000 francs CFA des sièges de jardin à 120000 francs, le salon complet à 2 million de francs CFA mais c’est des bois qui résistent aux insectes et à l’usure, le plus souvent nos clients sont des sénégalaise de la classe moyenne s’ils ne sont pas de expatriés », nous confie le chef sculpteur, du moins l’aîné du groupe.

La sculpture sur bois est considérée par bon nombre de sénégalais comme une menuiserie de prestige, preuve que la plupart  de ceux qui éprouvent de l’intérêt pour ces meubles artisanaux sont soit des sénégalais de la classe moyenne, s’ils ne sont pas des expatriés occidentaux, c’est pourquoi le soutien des autorités est très sollicité, nous informe également Moussa Sow.

« Nous aurions souhaité que la municipalité et les autorités étatiques dans leur ensemble nous associe aux foires commerciales, aux salons des produits locaux dans le but de nous offrir une certaine visibilité pour  ainsi familiariser nos produits artisanaux aux sénégalais de toutes les couches sociales »,  plaide Gallo Gadiaga, le chef d’atelier.

Face aux conditions difficiles de travail et le manque de visibilité qu’accuse le métier, nos interlocuteurs continuent d’occuper le trottoir en attendant  d’être réhabilités pour une valorisation du travail des meubles de prestiges locaux.

À quand la semaine national du mobilier traditionnel local ? L’écho est lancé, espérons qu’il tombera sur des oreilles patriotiques pour la survie de ce patrimoine national.

Ibrahima Diallo

>> À lire également Notre artisanat, le grand oublié du projet Sénégal émergent

 

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